Audrey Molitor, une épicière dans la ville

Audrey Molitor a choisi ses produits un à un, au fil des rencontres et des coups de cœur. © VR
Audrey Molitor a choisi ses produits un à un, au fil des rencontres et des coups de cœur. © VR

Le luxe de cette épicerie ? Sélectionner ses fournisseurs et présenter la quintessence du bon, du sain et de l’authentique.

Devanture céladon impeccable, étagères blanc cérusé au bas grillagé, tables chinées… Grâce à sa note vintage, La P’tite Épicerie respire la nouveauté sans ostentation, et se fond déjà dans le décor de la place Ronde du quartier Montchat — qui n’avait jamais vu pareille échoppe. Tout ce que le chaland est en droit d’attendre de son épicerie de proximité, il le trouvera dans la boutique que vient d’ouvrir Audrey Molitor. Mais dans des versions inédites, dûment sélectionnées selon des critères inflexibles que ne se lasse jamais de répéter l’épicière : ”Du bon, du sain, de l’authentique.” Au point qu’elle a tatoué le triptyque sur les murs, pas loin des thés et du café qu’elle moud elle-même.

Nouvelle venue dans le métier, Audrey ne l’est pas dans l’art d’apprécier les saveurs originales, de débusquer les produits d’exception. Se définissant volontiers comme “une épicurienne aimant partager”, la jeune femme a trouvé dans ce concept le moyen d’allier sa passion de touriste gastronome au besoin de changer de rythme professionnel. Elle quitte donc le milieu médical où elle évoluait pourtant depuis treize ans et entreprend un tour de France à la recherche de ceux qui seront ses fournisseurs ; ceux dont la qualité et les valeurs correspondent à ce qu’elle a envie de faire découvrir. Des producteurs qui, en général assurent eux-mêmes la transformation. Pas ou peu de fabrication industrielle, à l’exception notable de certains produits bio, tels ceux de la marque Le Voyage de Mamabé choisis pour leurs recettes innovantes.

Le goût du contact

Pas ou peu de fabrication industrielle à la P'tite épicerie, mais si vous en trouvez, ils seront bio !
Pas ou peu de fabrication industrielle à la P'tite épicerie, mais si vous en trouvez, elle sera bio ! © VR

De Bretagne, elle ramène un pâté de campagne à la fleur de sel de Guérande qu’elle fait goûter à l’aveugle. Succès unanime dans son entourage, elle valide. Bien lui en prend : en mars dernier, la spécialité élaborée par Secrets de famille reçoit une médaille de bronze au Salon de l’agriculture. Pour le vinaigre, elle n’est pas peu fière que le Charentais Laurent Agnès, fournisseur de chefs étoilés, ait consenti à lui mettre de côté quelques flacons de sa précieuse production artisanale ; ni d’avoir quasiment importé le jambon Ibaïona à Lyon —“Ils ne sont que trois à producteurs au Pays basque à l’affiner de cette manière.” Autre motif de satisfaction pour cette Nordiste : avoir persuadé le maître Jean-François Brigant de la laisser distribuer ses fameuses gaufres fourrées, dont il faut respecter la fraîcheur !  Le moindre produit est le fruit d’une rencontre, validée par une expérience gustative et un contact humain ou une chaîne de conséquences inattendue. Qu’on ne s’étonne donc pas de tomber chez elle sur des céréales britanniques : “Je cherchais des chips artisanales, et je les ai trouvées en Angleterre. De là, j’ai dérivé vers du popcorn, puis des céréales : il me fallait bien quelque chose pour le petit déjeuner”, sourit Audrey.

Ce sont aujourd’hui pas moins de 650 références chamarrées qui garnissent ses murs. Le rayon condiments est encore modeste, mais Audrey s’approvisionne chez le Tour du monde en épices, qui garantit un prix équitable aux producteurs. Et pour Noël, à côté du sel rose de l’Himalaya, elle vise le bleu de Perse, le noir volcanique de Hawaii, en attendant de trouver “ses” paludiers en Camargue et à Guérande. Épicerie de quartier, l’échoppe vend du thon en boîte ou des sardines à l’huile (de conserveries artisanales, évidemment), des charcuteries sèches locales (de chez Targe) des pâtes à tartiner de chez Charles (Chazelles-sur-Lyon), sans huile de palme, des sirops (de safran ou à l’agave). Mais pas de fromage “par manque de place pour affiner”, ni de vin, ”parce qu’il y a un très bon caviste juste à côté : Nicolas. C’est son prénom, Nicolas !”, précise-t-elle pour éviter tout malentendu. Audrey Molitor n’avoue pas (encore) envisager de diversification, même si elle y pense très fort, mais elle est impatiente de retourner sur le terrain, à la rencontre de nouveaux fournisseurs, “quitte à fermer une semaine de temps en temps”. En attendant, c’est ouvert !

La P’tite Épicerie : 45 cours Richard-Vitton, Lyon 3e. Du mardi au samedi de 9h30 à12h30 et de 14h30 à 19h00, le dimanche de 9h30 à 12h30. www.laptitepicerie.com, 09 50 91 10 00.

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