Biennale européenne de l’Artisanat : une première à Lyon

Place de la Passion, au centre de la Biennale © VR
Place de la Passion, au centre de la Biennale © VR

Pour marquer ses 80 ans, la Chambre des métiers et de l’artisanat du Rhône lance plusieurs manifestations montrant la richesse et la diversité des secteurs qu’elle représente. Dont une Biennale…

Question biennales, le territoire du Pôle métropolitain est plutôt bien doté : Saint-Étienne a celle du design, Lyon en compte plusieurs consacrées à l’art ou aux métiers de bouche. Mais aucune n’était jusqu’alors dédiée à l’ensemble des professions artisanales ; c’est désormais chose faite avec cette Biennale européenne (BEA), qui prend ses quartiers durant quatre jours à la Cité internationale (Lyon 6e). Discret car divers et diversifié, l’artisanat (“première entreprise de France”) demeure essentiel dans le tissu économique local : toutes branches confondues, le secteur a créé ces sept dernières années 430 000 emplois (selon l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat). Un dixième de la population active française travaille dans les métiers de l’artisanat, et ce sont même 29 000 artisans et 4 500 apprentis qui sont recensés dans le Rhône, appartenant à 250 métiers, eux-mêmes regroupés en quatre “familles”. Pour organiser cette BEA, il a d’abord fallu fédérer les familles autour d’un projet commun, faire en sorte que les services, le bâtiment, les métiers d’art (ici dénommés “fabrication”) et les métiers de bouche (ici appelés “saveurs”) se retrouvent, tout en conservant leurs spécificités. Le principe d’un salon, davantage orienté vers la démonstration et la transmission qu'une foire exclusivement commerciale, a donc été retenu : chaque famille dispose d’un pôle d’exposition et d’animation (on peut se faire coiffer, maquiller, masser sur le pôle des services, par exemple). Un espace commun (la place de la Passion) accueille cérémonies protocolaires, grandes conférences ou animations inter-familles ; enfin une avenue des Métiers-d’Art, où l'on peut faire quelques acquisitions, longe l’ensemble (eh oui : Noël approchant, la dimension marchande n'a pas été totalement gommée…)

Grand public

Les répar'acteurs allongent la durée de vie de vos meubles et appareils, pour lutter contre la surconsommation.
Les répar'acteurs allongent la durée de vie de vos meubles et appareils,
pour lutter contre la surconsommation. ©VR

Car le grand public est le premier destinataire de cette manifestation : qu’il s’agisse de curieux épris de belle ouvrage, de particuliers désireux de trouver l’artisan répondant à leur besoin spécifique, de jeunes en recherche d’apprentissage ou d’artisans débutants soucieux de recueillir les bons conseils pour s’établir, chacune et chacun devrait ressortir satisfait. Quant aux professionnels rhônalpins, ils profiteront de ces quatre jours pour tisser des liens avec leurs homologues locaux ou européens (puisque des représentants de Bade-Wurtemberg, Catalogne, Lombardie et Malopolska sont conviés). Une ouverture justifiée par Gabriel Paillasson, commissaire de la BEA, dans un propos à contre-courant : “Il ne faut pas avoir peur de la mondialisation, elle est une richesse pour nos métiers et notre pays.” Il est vrai que certains métiers ne peuvent se délocaliser.

Nos choix

Partant du principe qu’une bonne orientation est la résultante d’une bonne information, la BEA se met à hauteur d’écolier pour accueillir les élèves des grandes classes de primaire, avec des programmes et ateliers adaptés. Une initiation à la cuisine sera dispensée par Grégory Cuilleron samedi 22 de 14 à 15 heures (et l’on ne parle pas du concours de mousse au chocolat samedi matin) ; l’exposition Raconte-moi ton métier réalisée par des élèves de primaire sera présentée sur l’avenue des Métiers-d’Art. Ces deux entrées pour les plus jeunes complètent parfaitement l’impressionnante série de conférences qui peuvent intéresser les collégiens (programme complet ici).
Autre rendez-vous immanquable : une visite aux Répar’acteurs, ces artisans qui remettent en état biens ou objets (bijouterie, informatique, électroménager) un peu trop rapidement frappés par l’obsolescence programmée. Grâce à eux, la surconsommation n’est pas une fatalité, l’on peut lutter contre le gaspillage et faire des économies. Leur action est encore peu connue : ça va changer !

1re Biennale européenne de l’artisanat, du 20 au 23 novembre à la Cité internationale, Lyon 6e. http://www.biennale-europeenne-artisanat.fr/ Entrée libre sur inscription

 

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