Critique : Steak (R)évolution, de Franck Ribière

Spécial dédicace pour Morrissey…
Spécial dédicace pour Morrissey…

★★☆☆☆ À la recherche du meilleur steak du monde, Franck Ribière taille une bavette avec des éleveurs, bouchers et restaurateurs de toute la planète…

Chamboulé après avoir dégusté un steak à la texture fondante et à la saveur incomparable, Franck Ribière décide de comprendre ce qui fait la qualité d’une viande, et accessoirement d’élire (selon les critères de son palais) le meilleur steak du monde. Accompagné par le boucher parisien Yves-Marie le Bourdonnec, il part à la rencontre des plus réputés éleveurs, des promoteurs des races à viande les plus goûteuses pour recueillir leurs secrets…

Viande sous film

Le spectateur végétarien tremblera d’effroi devant ce film rappelant en préambule, par la bouche d’un scientifique (un peu rougeaud), que l’Homme a mangé de la viande pour évoluer et devenir intelligent… puis que le goût de la chair cuite lui a plu. Cela dit, pour que le spectateur végétarien aille voir ce film, il faut qu’il ait soit de la curiosité et de la bienveillance pour la gamelle de ses voisins carnivores, soit un tempérament de cinéphile poussé. Concernant le premier point, Steak (r)évolution lui apprendra ce qui fait le savoureux d’une viande : son gras, et sa maturation. Et qu’un élevage lent à l’herbe, plutôt qu’aux céréales, est préférable si l’on recherche la qualité plutôt que la productivité — à condition de disposer d’une race moins douée pour faire du muscle que de la graisse. Il verra aussi comment certains ont sauvé, sélectionné, importé (parfois, aux limites de la légalité) des variétés bovines exceptionnelles. Il hallucinera devant les monstres chouchoutés par cet éleveur espagnol, et admirera la ténacité de tous ces artisans du beau, souvent militants du bio. Mais concernant le second point, ce film risque de le conforter dans ses habitudes frugi-légumières, tant ce documentaire est brouillon, mal conçu et mal filmé et surtout mal monté. Images en vrac et son à l’avenant, ce bout-à-bout de séquences appelle un triste constat : il n’y a pas, ou pas assez d’écriture derrière pour unifier le propos. Deux très longues heures résultent des quarante de rushes : n’est-ce pas encore trop ? Ainsi qu’un bon morceau de viande, ce film aurait sans doute mérité de rassir davantage, histoire de perdre de l’eau et de gagner en parfum, avant d’être servi au public…



Steak (R)évolution, de et avec Franck Ribière (Documentaire, France, 2 h 10), avec également Yves-Marie Le Bourdonnec… Sur les écrans le 05/11/2014.

Bande-annonce

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