Daho, le bonheur retrouvé

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Etienne Daho © Richard Dumas
Etienne Daho © Richard Dumas

Le Diskönoir tour passe par le Transbordeur et Firminy. Etienne Daho chante « l'innocence retrouvée » ; la salle, en toute innocence, chante son Daho jamais perdu.

Parfois, vous allez à un concert, le type chante, c'est bien, c'est joli, vous applaudissez, vous rentrez chez vous, vous êtes content. Et puis parfois, vous allez à un concert et c'est le type sur scène qui est vraiment content, et là en général, vous ne voulez plus partir.
Etienne Daho est vraiment content d'être sur scène. Vraiment content de chanter. De danser, un peu — rien d'exubérant —, à sa façon : un peu penché en arrière, les jambes fléchies, le petit mouvement de l'avant-bras avec le micro… Il débarque, tout de noir vêtu, avec un petit col blanc croisé, comme un clergyman qui aimerait la fantaisie. Toujours son allure de dandy, sa voix grave, son autodérision quand il raconte sa carrière cinématographique…
Cinq écrans verticaux comme des lés de papier peint sont suspendus à l'arrière de la scène, des dessins géométriques en noir et blanc sont projetés dessus comme des images stroboscopiques. Après l'ouverture sur le Satori thème — et deux grands coups de cymbales donnés comme on frapperait les trois coups au théâtre —, le concert commence avec des « chansons de l'innocence retrouvée », plus électro que la pop new wave des années 80-90. Tout le concert sera de cette trempe, pêchu, électrique, sonore, moins symphonique que l'album sorti au printemps et sans la section cordes qui accompagnait les premiers concerts de la tournée à la cité de la Musique l'été dernier. Le public est une assistance de fidèles, qui ont l'âge d'avoir écouté les plus grands succès de Daho quand ils tournaient en boucle à la radio, qui étaient déjà là pour La Notte, la notte en 1984. Quand ces tubes sont repris, même les aficionados ne reconnaissent pas toujours les intros tant leur orchestration est remise au goût du jour, énergique, rythmée, dansante. Si les premières mesures sont méconnaissables, toutes ces chansons qui ont construit sa carrière sont bien là —il n'en manquera qu'une ou deux à la fin de la soirée —, avec quelle élégance et quel enthousiasme elles sont interprétées : Daho semble prendre autant de plaisir à faire frissonner son public de souvenirs enfouis depuis vingt ou trente ans qu'à délivrer ses dernières créations.


Etienne Daho demande à son public de considérer que ce concert est le premier soir du reste de sa vie. © Page officielle d'Etienne Daho - Facebook

Etienne Daho n'est pas un bavard, il ne fait pas de longs discours sur scène, tout juste une phrase, une anecdote ici et là. Mais il sait montrer son émotion, d'un sourire radieux, d'une attitude offerte, bras en croix, emmagasinant l'instant et tout ce que la foule en face de lui veut bien lui donner. Cette soirée tellement chargée en énergie se clôt sur de la chanson chuchotée, Week-end à Rome, partagée a cappella, assis sur le bord de la scène, d'une seule voix avec son public transi.

Diskonoir Tour, à Firminy au Firmament, le 4 décembre à 20h30 (36 €) et à Villeurbanne, au Transbordeur, le 5 décembre, à 20h00 (45 €).

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