Guy Tisserant : Mission pas impossible

Version audio: 

Guy Tisserant posant en extérieur dans son fauteuil roulant devant des barrières rouges.

Guy Tisserant accompagne les entreprises dans le recrutement de personnes handicapées. Convaincu que nous sommes tous handicapés, un jour ou l’autre.

“Le possible est fait. L’impossible, on le fait. Pour les miracles, prévoir un certain délai…”. Après avoir rencontré Guy Tisserant au siège de TH Conseil, sa société, cette petite phrase m’est revenue. Je l’aurais bien vue affichée quelque part sur l’un des murs vides de son bureau. Des miracles, Guy Tisserant n’a cure. En revanche, il adore qu’on lui dise “c’est impossible”. Vraiment. Parce que ça challenge le pongiste de très haut niveau qu’il a été, et que sa mécanique intellectuelle sitôt se met en branle pour trouver une solution. D’ailleurs, il en a fait son métier —  pas des problèmes, des solutions !

Champion

Son premier diplôme d’ingénieur —en électrochimie–électrométallurgie— en poche, Guy Tisserant n’a pas trouvé de poste. « Dans votre situation, ça n’est pas possible », lui rétorquait-on. Sa situation ? Assis, sur un fauteuil roulant. Spécialisé en informatique et mathématiques appliquées un an plus tard, il intègre à Paris un “milieu professionnel moins rétrograde”. Pour revenir en Rhône-Alpes au bout de 16 mois, las des transports communs inaccessibles et des trajets interminables en voiture…

Il passe alors seize ans à la Lyonnaise de Banque, comme chef de projet puis prend la responsabilité du service études informatiques. En parallèle, cet hyperactif s’entraîne. Vingt heures par semaine pendant trente ans, il joue au tennis de table. Au très haut niveau paralympique : champion de France, d’Europe, du Monde, en simple, en double, en double mixte… Le top ! Dans son job hélas, les perspectives, après la réorganisation de la banque, se bouchent. “J’ai cherché ailleurs, sans trop savoir quoi. L’idée de retourner à Paris a été rejetée par mes enfants. Finalement, j’ai compris que j’avais envie de faire autre chose.

Couverture du livre de Guy Tisserant, Guy Tisserant, Le handicap en entreprise : contrainte ou opportunité ? Vers un management équitable de la singularité.Opportunité

Guy se souvient alors de chefs d’entreprise qui lui ont confié leur difficulté à recruter des personnes handicapées. Il crée, avec son épouse, TH Conseil. Dans le sous-sol de la maison familiale d’abord, puis dans des bureaux de l’Ouest lyonnais qui accueillent plus de 20 personnes aujourd’hui. TH Conseil revendique plus de 250 entreprises ou employeurs publics clients sur la thématique du handicap, mais pas que. “Nous intervenons autour des problématiques de non discrimination, d’égalité des chances et de qualité de vie au travail”, détaille Guy qui a décidé de prendre le problème à la racine. Cartésien, cet homme de formules martèle que “e > RS + RO”. L’enjeu, pour une entreprise qui va recruter une personne handicapée, doit être supérieur aux risques subjectifs et objectifs.

Avec empathie et lucidité, Guy s’attaque donc, en profondeur, aux préjugés et aux stéréotypes qui entravent la prise en compte de la singularité. Il accompagne aussi les entreprises dans la compensation —technique, organisationnelle, formation— du handicap. Et interroge (1) : le handicap en entreprise, contrainte ou opportunité ? Il a son idée sur la question. Convaincu sans doute que “ça n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’ose pas mais parce qu’on n’ose pas qu’elles sont difficiles.
(1) Guy Tisserant, Le handicap en entreprise : contrainte ou opportunité ? Vers un management équitable de la singularité, Pearson, mars 2012.

Couverture de Voyage au bout de la nuit de Céline

Si je vous dis littérature ?

“Je n’ai pas de mot pour décrire Voyage au bout de la nuit, de Céline. Sa puissance d’écriture m’a mis K.O. On ne peut avoir de mots plus forts, plus justes que les siens pour décrire les tranchées. Je lis, des romans notamment, mais rarement un roman a produit un tel effet sur moi. J’ai également été très impressionné par Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez, tellement… spécial, disjoncté, juste aussi. J’apprécie beaucoup les uchronies, ce genre qui réécrit l’Histoire, qui raconte ce qui aurait pu se produite si les choses avaient été différentes. J’ai aimé La Part de l’autre, d’Eric-Emmanuel Schmitt et aussi La Tyrannie de l’arc en ciel, de Jasper Fforde. Enfin, Le Meilleur des mondes de Aldous Huxley est un ouvrage qui me parle. Forcément, le thème de la dictature, de la négation de la singularité m’interpelle !”

Suivez-nous !

A lire encore...

Michel Granger © VR

Dans un hangar des services techniques de la Métropole, Michel Granger expérimente la peinture au rouleau compresseur, avant une performance lors de Dialogues en humanité au Parc de la Tête d'Or du 3 au 5 juillet prochains…

Atelier au Conservatoire de Lyon © VR

Un bref aperçu en images du travail créatif réalisé en juin 2015 au cours des ateliers animés par Jérôme Richer et Abdelwaheb Sefsaf dans le cadre de Territoires en écritures…

Marie-Laure Basilien-Gainche © DR

En cette Journée mondiale des Réfugiés, et en préambule à la table ronde organisée par le Théâtre des Célestins, rencontre avec une spécialiste du droit des migrants et des réfugiés, Marie-Laure Basilien-Gainche.

D'après une histoire vraie ©Marc Domage

La Maison de la Danse de Lyon innove en rendant un spectacle accessible aux spectateurs déficients visuels grâce à l’audiodescription.

Berni Goldblat, à l'Université Lyon 2 Bron © VR

Animé d’une persévérance au moins aussi intense que son amour pour le 7e art, Berni Goldblat sillonne le monde depuis trois ans afin de réunir toutes les bonnes volontés autour de la réouverture d’une salle africaine, le Ciné Guimbi. 

Dans le défilé lyonnais. © VR

Selon les derniers chiffres, plus de 4 millions de citoyens se sont déplacés dans les rues de France pour témoigner leur attachement à la démocratie, à la liberté d’expression et manifester leur soutien aux victimes des attentats commis ces derniers jours…