IAC : une exposition… EXTRA !

Tableau orange, Tableau bleu et Lentille de Véronique Joumard. Visibles à l'INSA. © Cécile Almonté
Tableau orange, Tableau bleu et Lentille de Véronique Joumard. Visibles à l'INSA. © Cécile Almonté

Toutes dissemblables, les expositions de l’IAC ont ceci en commun de ne jamais laisser indifférent. Bonne pioche : celle qu’il présente actuellement est ainsi doublement extra, puisqu’elle se découvre partiellement extra-muros, et surtout qu’elle est un bonheur pour le visiteur !

L’IAC n’est pas un lieu d’art contemporain comme les autres ; il est né de la synthèse de deux entités : le Frac (Fonds régional d’art contemporain) Rhône-Alpes et le Nouveau musée. Et assume donc conjointement la mission d’acquérir, de conserver, et celle de montrer. Collection à l’étude à Villeurbanne, sa nouvelle exposition, illustre doublement le concept d’“investissement” artistique : en donnant à voir ces fameuses acquisitions, et en les distribuant sur le territoire villeurbannais. L’IAC se voit donc ici relayé par l’Urdla, le TNP, la MLIS, Le Rize, L’ENM et l’INSA. À chaque site, une ou plusieurs propositions (en général, dés dépôts temporaires, mais cela peut être aussi des installations, des discussions, des performances…) en adéquation avec le fonctionnement, les thématiques de l’hôte — ce qui optimise l’appropriation et les interactions avec ses usagers. Attardons-nous plus particulièrement sur le TNP, l’INSA et Le RIze.

Ressentir l’œuvre, devenir l’œuvre…

Dans le hall du théâtre trône un immense exemplaire du journal Le Monde froissé en boule, réplique de résine gigantesque et confondante signée Wang Du. Cet objet anodin, lesté de tout une conscience politique, de son engagement, se trouve bien dérisoire d’être statufié démesuré à l’état de… déchet : représenté froissé, le journal est pareil à un gisant, c’est son masque mortuaire que l’on a fixé. Et paradoxalement, c’est un objet familier, autour duquel on tourne et retourne, fasciné par ses dimensions. Plus avant, une œuvre de Lawrence Weiner surplombe et surprend les convives de la brasserie : il s’agit d’un énoncé peint en anglais et en français sur un mur blanc, installé sur une estrade. L’artiste donne le mode d’emploi ; à chacun de se recréer en son for intérieur l’œuvre décrite par la phrase.
Du côté de l’école d’ingénieurs, invitation a été lancée à la plasticienne grenobloise Véronique Joumard, dont trois installations séjournent dans le hall du Centre des humanités. Trois œuvres qui ont des liens manifestes avec l’environnement scientifique du campus de la Doua, et que les élèves ou étudiants seraient donc bien inspirés de venir visiter — de préférence le matin : la lumière y est plus favorable. D’abord, Aimants sur mur, tout un pan de mur couleur citron, magnétisé, recouvert de petits aimants. En théorie, on n’a pas le droit de les déplacer. En théorie… Ensuite, si le soleil chauffe, on prend le temps d’observer l’évolution des Tableaux bleu, orange, vert. Des monochromes ? Pas tout à fait : ils sont recouverts d’une peinture thermosensible qui les fait varier avec l’ensoleillement, et apparaître des motifs, des quadrillages fugaces. Et l’on termine avec cette immense Lentille suspendue, dont les enseignants admirent les propriétés optiques (foyer d’1 m, 1δ), qui permet de former des images renversantes et de donner l’illusion de la 3D. L’art, comme support de TP ?
Enfin, au Rize, un appel à participation attend des réponses pour le 19 octobre, jour où une performance conduira les volontaires jusqu’à l’IAC dans un cortège solennel, pour l’activation de Divisor, une œuvre de Lygia Pape. Les bonnes volontés sont les bienvenues : ce n’est pas fréquent qu’on invite le public à devenir une œuvre d’art…

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