Journées européennes du patrimoine 2014 : Regards obliques sur le Pôle Métropolitain

Le Rhône, la ville de Vienne. © Daveblack
Le Rhône, la ville de Vienne. © Daveblack

Prendre conscience de son appartenance à un territoire, à travers sa diversité et ses richesses patrimoniales… Bienvenue ce week-end aux Journées européennes du patrimoine !

Les JEP, qui se tiennent partout ces 20 et 21 septembre, sont comme les emballages monumentaux de Cristo : pendant un très fugace instant, elles placent sous les feux des projecteurs ce que l’on a pris l’habitude d’ignorer à force de le côtoyer de trop près, ou attirent notre attention sur un voisinage aux ressources insoupçonnées. Au-delà du week-end événementiel, ces journées sont des petites graines qui germent tout au long de l’année, un prétexte à s’affranchir des périmètres coutumiers. Si le Grand Lyon joue un rôle moteur, singulier à l’échelon national dans l’organisation, la dynamisation de ces JEP, l’entité administrative ne se recroqueville pas sur elle-même lors de l’événement. Elle en profite pour l’inscrire (tout comme elle s’inscrit) dans le Pôle Métropolitain, cette réunion de communautés de communes qui fédère les agglomérations de Lyon, de Saint-Étienne, de Vienne et de la Porte de l’Isère.

Se promener sur le pont Raymond-Barre et se trouver à égale distance du parc des Berges et du Cristal-Nuage. © CA
Se promener sur le pont Raymond-Barre et se trouver
à égale distance du parc des Berges et du Cristal-Nuage. © CA

Depuis 2011, le Pôle édite un guide (offert durant les JEP, puis vendu 4 € durant l’année) balayant le territoire selon le prisme de la thématique annuelle. “Toute la nature est dans le patrimoine !“ est du pain béni pour un décor aussi varié, où l’histoire se lit jusque dans les murs des villes et dans la géographie des campagnes. Fleuves, rivières, vaux et montagnes, cités, usines, artisanat… Toutes les formes de patrimoines issus de la nature, matériels ou immatériels, trouvent une illustration ou une représentation à l’intérieur du Pôle Métropolitain. Petit bréviaire du randonneur, le guide suggère des visites et des itinéraires, mais aussi des points de vue. Idée saugrenue, que de défendre que “le paysage est un patrimoine” ? Non, car un paysage est mouvant, vivant ; le produit d’une interaction entre l’Homme et la Nature, comme le patrimoine — donc loin du cliché du monument poussiéreux ! S’arrêter pour contempler, observer Villefontaine depuis l’Isle-d’Abeau (et repenser à la question des villes nouvelles) ; se poster sur le pont Raymond-Barre à Lyon et voir la liaison désormais réelle entre la Confluence et Gerland sous le regard de Fourvière. Monter sur le Belvédère du Guizay et embrasser l’histoire de Saint-Étienne d’un coup d’œil, des mines à la Grand-Rue. Et puis admirer les quais de Vienne, ses collines historiques depuis la ViaRhôna, bien connue des cyclistes contemporains ! La nature, ce ne sont pas que des oiseaux qui chantent, c’est tout l’écosystème dans lequel nous habitons. Nous sommes aussi partie intégrante de ce patrimoine.

Se rapprocher les uns des autres

Comment faire pour que ces JEP, qui nous (r)ouvrent les yeux sur des trésors immédiats, ne demeurent pas que l’attraction d’un week-end, et que l’impulsion engendrée par cette caisse de résonance formidable ne s’effondre pas ? En travaillant à abolir les distances, notamment en abaissant le coût du kilomètre, par exemple. Il existe encore trop peu d’initiatives pérennes visant à inciter les Métropolitains à se rendre visite les uns aux autres, à arpenter leur territoire commun. Certes, pour les milliers de personnes qui traversent au quotidien le Pôle à des fins professionnelles, a été créé un système d’abonnement unifié : T-libr, en partenariat avec les TER et les réseaux de transports en commun des réseaux urbains concernés (Sytral, Stas, Ruban et L’VA). Ponctuellement, les familles ou les groupes peuvent bénéficier de campagnes attractives des TER (“Illico promo été” en juillet-août 2014 offrait 40 % de réduction aux groupes de 2 à 5 personnes, avec la gratuité pour les enfants de moins de 12 ans). Et jusqu’au 28 septembre, il est encore possible d’emprunter le dimanche les lignes spéciales d’autocar affrétées par le Conseil général de la Loire, les TIL Découverte, qui relient Lyon, Saint-Étienne, Vienne ou Montbrison — en autorisant le transport gratuit de votre vélo —, le tout pour 2 €. Mais ces très belles initiatives sont hélas trop brèves ou trop discrètes. Alors, allons plus loin : car avec plus de liens, on peut être sûr que l’on aura davantage de liant.

Et demain ?

Pendant les JEP, le Pôle Métropolitain invite les visiteurs à participer à une grande réflexion baptisée “Fabriquer son patrimoine”. Le but ? Reconvertir des sites "qui ont pour point commun de tous être à proximité ou sur l’emprise de la future « voie des Confluences » : itinéraire mode-doux qui reliera à terme les quatre agglomérations du Pôle Métropolitain et sur lequel l’usager (utilisateur régulier comme touriste) sera invité à découvrir certains sites bâtis ou paysages emblématiques du territoire.” Des étudiants planchent sur la question, ils présenteront leurs projets le 27 octobre, mais ils attendent toutes les contributions, même les plus insolites, pour donner encore plus envie d’habiter le futur. Rendez-vous sur les trois sites en mutation.

  • CAPI : Ancien atelier de gravure au Pont (33 rue Général-Voisin - Bourgoin-Jallieu) Quel nouvel usage pour cet ensemble bâti ?
  • GRAND LYON : CNR - Port de Lyon Edouard-Herriot (1 rue de Chalon-sur-Saône – Lyon 7)
    Métro B : Stade de Gerland - Accès piéton  au croisement de la rue Jean-Bouin et de l'allée Pierre-de-Coubertin Quels aménagements pour ce port demain ?
  • VIENNAGGLO : Ile Barlet à St-Romain-en-Gal. Accès bus depuis la gare de Vienne : arrêt Jeu-de-Paume via les lignes 1, 3, 4, 5, 6 et 7 puis à pied le long de la ViaRhôna (10 mn) Une pile du pont autoroutier peut-elle devenir un élément patrimonial majeur ?

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