La Cantine du coin : assez classe pour une dînette

Velouté butternut/noisette, tajine de canette aux clémentines et aux noix et forêt-noire : 12,20 euros. © Cécile Almonté
Velouté butternut/noisette, tajine de canette aux clémentines et aux noix et forêt-noire : 12,20 euros. © Cécile Almonté

Après les fêtes, reprendre le chemin d’une alimentation raisonnable a toujours des allures de punition. Pas à Saint-Étienne, où l’on remercie ceux qui vous envoient au coin. Enfin, à la Cantine du coin…

Souvent péjoratif, à la limite teinté d’une affection coupable, le terme “cantine” désigne en général un estaminet fréquenté davantage par obligation ou commodité que par choix. Si la Cantine du coin s’appelle ainsi, c’est parce qu’auparavant elle s’appelait… La Cantine verte. Une couleur normale pour un établissement stéphanois, direz-vous, mais qui en réalité renvoyait aussi au contenu de ses assiettes : du frais du marché, du cuisiné maison et beaucoup de bio. Quant à la “cantine”, elle découlait de la déco, ambiance salle de classe, avec mobilier façon Educ’Nat’ d’antan, carte géographique au mur et couverts rangés dans des trousses bariolées (en tissu). Le nom et le propriétaire ont changé à l’été 2014, mais le concept est resté globalement le même : Reynald Schmitt, le nouveau gérant, a même conservé le principe de la vente-expo de poteries, de luminaires et de doudous réalisés par des créatrices locales — l’une d’elles étant à l’origine des fameuses trousses à couverts.

Élève sérieux et appliqué


On a beau être à la cantine, personne ne vient racketter le dessert et nulle sonnerie n'annonce la fin du repas, l'ambiance est plutôt zen.  © Cécile Almonté

Donnant sur deux rues, mais protégée des vis-à-vis par des stores diffusant une lumière pastel, La Cantine, avec ses murs pistache, son sol blond et ses boiseries blanches, est un endroit immédiatement chaleureux. Et spacieux. La commande et le service se font au bar, comme dans une cafétéria. Pas de carte pléthorique (c’est bon signe) : à l’ardoise, un plat du jour autour duquel on compose sa formule en ajoutant l’entrée et/ou le dessert. Classique. Ce qui l’est moins, c’est l’originalité des suggestions : le jour de notre passage, c’était tajine de canette aux clémentines et aux noix, accompagné de semoule — des portions généreuses et une viande très fondante, qui aurait mérité d’être davantage épicée. En entrée, même inventivité et même fraîcheur avec au choix, une salade de crudités, une tarte salée ou la soupe du jour (on a goûté courge butternut/noisettes : un soleil velouté et réconfortant pour réchauffer un déjeuner d’hiver). Les nombreuses verrines de desserts poussent au crime : si l’on avait été raisonnable, on aurait opté pour le yaourt maison, ou à la rigueur la mousse de marrons. Mais l’on a osé la forêt-noire… Ce n’était pas concluant, à moins d’être en recherche éperdue de sucre (d’accord, c’est un peu le principe d’une forêt-noire que de provoquer un pic glycémique himalayesque). Un détail très mineur, qui ne disqualifiera pas un restaurant volontaire dans sa démarche qualitative et locale (les jus de fruits viennent de Saint-Romain-en-Jarez, et la bière des environs). Le prix du ticket allié au confort du lieu font de La Cantine du coin une très recommandable parenthèse méridienne.

La Cantine du coin : 33, rue Étienne-Mimard, Saint-Étienne. www.lacantineducoin.fr, 04 77 50 22 36.
Plat : 8,80€, entrée + plat ou plat + dessert : 10,20€, entrée +  plat + dessert : 12,20€.
Sur place et à emporter.

Suivez-nous !

A lire encore...

Gravlax de Truite, par Loïc Horlin © VR

Une fois n’est pas coutume, c’est avant d’avoir pu déguster sa cuisine que nous évoquons ici un nouveau lieu, son histoire et sa philosophie. Une très prochaine visite permettra d’apprécier si les mets sont en accord avec les mots…

Terrine de lapin, ketchup de courge, pickles pleurote © VR

Entre Saint-Georges et Saint-Jean dans le Vieux-Lyon, une nouvelle adresse vous accueille à bras ouverts 7 jours sur 7. Au menu, une cuisine valorisant les produits du moment, sans maniérisme ni prétention. Take five !

Barigoule de légumes d'antan © Vincent Raymond

Les nouveaux propriétaires du célèbre restaurant Francotte nous ont convié à leur table pour parler un peu du passé, du présent et surtout de l’avenir, qui s’écrit dans l’assiette…

Diaporama d'une fraction de l'offre alimentaire du Sirha. Bon appétit !

Avec cette biennale, Lyon s'autoproclame capitale du Goût à défaut d'être capitale de la Gastronomie…

Pour les professionnels, il y a le Sirha, pour les autres, il y a Big !, la (première) Biennale internationale du goût, cinq jours entièrement dédiés à nos papilles…

Tapas le soir, menu classique au déjeuner, mais bois et cuir à toute heure. © VR

Ce nouvel établissement n’est pas qu’un restaurant : en devenant bar à tapas le soir, il vise à dynamiser un quartier aux allures de (re)belle au bois dormant. Un projet ambitieux à suivre…