La Halle Tony-Garnier : 100 ans façon puzzle

Sophie Broyer (à gauche), ex-directrice de l'Epicerie moderne de Feyzin, a intégré le conseil d'administration de la Halle, présidée par Jean-Yves Sécheresse (à droite).
Sophie Broyer (à gauche), ex-directrice de l'Epicerie moderne de Feyzin, a intégré le conseil d'administration de la Halle, présidée par Jean-Yves Sécheresse (à droite).

Lancement de saison et de centenaire pour le paquebot des spectacles lyonnais : la Halle Tony-Garnier, qui parraine sept lieux amis et s’inscrit davantage dans le paysage.

Elle n’a qu’une petite vingtaine d’années d’existence en tant que salle de spectacle, mais en réalité, cela fait un siècle qu’elle a été inaugurée. Cette saison, la Halle Tony-Garnier va donc célébrer son centenaire. De manière raisonnable. Il ne faut pas s’attendre, selon les termes de son très pince-sans-rire président Jean-Yves Sécheresse à “la reformation des Beatles”, ou à quelque autre événement dispendieux. Géré par la Ville, l’établissement a vocation non pas à produire, mais à accueillir des manifestations — l’édile en citant certaines, d’ailleurs avec une franchise peu banale, comme entrant davantage dans le champ du “divertissement” que de la culture.

La Halle dans la boucle

La Halle attire les foules, dans une période et un secteur sinistré — la Sacem a enregistré des pertes de 34% sur le premier semestre 2014. Son architecture hors norme (210 m de long, 80 m de large sans pilier puisque tout repose sur des arches) la place au premier rang des salles de spectacle de province, avec une capacité modulaire de 3 000 à 17 000 personnes — il n’y a guère que l’Arena à Montpellier pour rivaliser. Bref, c’est un équipement majeur qui évacue la nécessité d’une salle type Zenith dans le Grand Lyon, comme l'a rappelé le Premier adjoint en charge de la Culture Georges Képénékian en dévoilant la programmation du centenaire de la Halle aux côtés de Thierry Téodori, son directeur général, et de Sophie Broyer, l’une de ses nouvelles administratrices, venue de l’Épicerie moderne. En insistant sur le fait que la Halle était à présent connectée doublement au reste de la cité par le tram et le métro, Georges Képénékian a une nouvelle fois martelé l’importance du “maillage” par les structures culturelles —“Les grandes maisons ne sont plus espacées les unes des autres" — et ce propos allait au-delà de considérations géographiques. Cette saison anniversaire l’illustre en créant une labellisation “Halle Tony-Garnier 100 ans”, d’abord pour mettre en valeur quelques concerts emblématiques (Shaka Ponk, Peter Gabriel, The Black Keys), et pour parrainer sept lieux importants de l’émergence musicale pour autant d’événements. Ainsi, des concerts de prestige hors les murs bénéficieront du label de la Halle, dans des jauges très variables : Breton au Marché Gare, Deltron 3030 & Kid Koala au Transbordeur ou Radian au Sonic… Le reste de la saison place des Docteurs-Mérieux ? On parle de System of a Down, de Fauve le 2 avril, de Foo Fighters, de Johnny Hallyday, de Chris Brown, de Kanye West

The Black Keys, Peter Gabriel et Shaka Ponk : du beau monde pour fêter les 100 ans de la Halle.
The Black Keys, Peter Gabriel et Shaka Ponk : du beau monde
pour fêter les 100 ans de la Halle.

Que la boucle reste ouverte…

La démarche d’inclusion du géant des spectacles dans le réseau a des vertus évidentes, et l’on perçoit bien comme une volonté politique cet effort de maillage/mutualisation entre les lieux et les services — on l’a vu avec Joris Mathieu : cela permet de faire des économies, de gagner en cohérence et cohésion, tout en limitant les risques d’autarcie auxquels s’expose un(e) responsable d’institution culturelle. Cela étant dit, la Halle vient de faire entrer Dominique Hervieu (la directrice de la Maison de la Danse), dans son conseil d’administration, où siège déjà Thierry Frémaux. C’est-à-dire qu’il y a du renouvellement, certes, mais dans un entre-soi d’oligarques culturels de moins en moins nombreux. Grand médecin, l’adjoint à la Culture ne peut ignorer que lorsqu’une population se raréfie, même si elle n’est composée que d’individus d’exception, elle est plus exposée aux risques de la consanguinité. L’arrivée de Sophie Broyer à la Halle montre que du sang neuf arrive encore au cœur de la machine. Restons optimistes.

Toute la programmation de la saison des 100 ans sur www.halle-tony-garnier.com

Halle Tony-Garnier : 20 place des Dr-Charles-et-Christophe-Mérieux, Lyon 7e. 04 72 76 85 85.

Suivez-nous !

A lire encore...

Nicolas Mondon du Grolektif et l'une des guests du bal, Carmen Maria Vega © VR

Ce jeudi 2 avril, le Grolektif dresse sur un plateau l'étendue de ses talents musicaux et convie la quintessence de la scène lyonnaise à ses côtés. Présentation succincte du collectif en vidéo…

Igit, dans les locaux de Du Bruit au Balcon à Lyon © VR

Avant son prochain concert à La Marquise (le 12 mars), tête-à-tête exclusif avec Igit qui interprète Courir en acoustique.

 Philipp Dausch et Clemens Rehbein, de Milky Chance © DR

Formé de Philipp Dausch et du chanteur Clemens Rehbein, le duo Milky Chance a emporté le monde dans sa folk mélancolique et sa Stolen Dance. Entretien exclusif avant son retour au Transbo.

Patrick Carney des Black Keys © Tommy John

Avant que sa blessure à l'épaule ne compromette la tournée des Black Keys (et donc n'annule leur date lyonnaise en mars), le batteur Patrick Carney nous avait accordé une interview exclusive. Un décryptage de l'ambiance de leur nouveau disque et du récit de sa genèse qui, lui, est toujours d'actualité…

Japtaal Amrat Hussain © Mathieu Cellard pour La Chaudière production

L’association loi 1901 La Chaudière production œuvre dans le secteur musical rhônalpin depuis 1999. Confrontée à une difficulté passagère, elle lance un appel au don…

Angus & Julia Stone, photo de l'album éponyme.

Après Fourvière cet été, Julia Stone est de retour au Radiant-Bellevue ce 6 décembre avec son frère Angus. Entretien exclusif.