Ruban vert sur la ville

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Les jardins familiaux à Rochela- Molière. Chaque emplacement est équipé d’un point d’eau alimenté par les bassins de stockage d’eau pluviale.

Seules vingt-quatre communes et communautés de communes ont décroché en 2013 le Ruban du développement durable. Plusieurs représentants de la Loire — Firminy, Saint-Étienne Métropole et la ville de Saint-Étienne – ont rejoint Villefranche-sur-Saône, enrubannée depuis 2012.

Créé en 2002 à l’initiative de partenaires publics (dont l’Association des maires de France, le Comité 21…) et privés, le Ruban du développement durable est un label encore discret que peu de collectivités territoriales peuvent s’enorgueillir de posséder. À peine soixante d’entre elles font acte de candidature chaque année, espérant obtenir un label d’autant plus précieux qu’il est éphémère, puisque sa durée de vie est de deux ans. Précieux aussi car sélectif : en 2013, seuls douze nouveaux lauréats ont été célébrés sous les ors du palais du Luxembourg. Les modalités d’attribution s’avèrent redoutables : se revendiquer “vert” ne saurait suffire ! Seules des réalisations tangibles peuvent séduire le jury. Face au dossier, les dilettantes oublient leurs prétentions : grilles complexes à compléter, foule de critères à remplir, et une mobilisation totale des élus comme des services de la collectivité en lice — il s’agit d’un projet commun, capable de fédérer tout le monde, et qui ne peut donc pas être la lubie d’un seul édile. Enfin, lors d’un oral, l’élu portant la candidature doit faire sentir cette implication.

Victoires locales

La rive droite du lac de Grangent fait partie de la réserve naturelle régionale des Gorges de la Loire (photo ©DR)En 2013, Saint-Étienne Métropole et la Ville de Saint-Étienne ont été distinguées notamment grâce à leur approche du design, et son intégration dans le mobilier urbain, réfléchie entre habitants et designers. “Ses liens avec le parc naturel régional, sa promotion des circuits courts, son fourmillement citoyen, font de Saint-Étienne une ville verte, pas que sur les maillots des joueurs”, souligne Élise Gaultier, la coordinatrice des Rubans du développement durable. Appartenant à cette même agglomération, Firminy avait également concouru et récolté son propre Ruban. Connue pour son riche patrimoine architectural Le Corbusier, la cité appelouse, administrée par Marc Petit, avait présenté un projet articulé autour des questions énergétiques et participatives (elle alloue en effet des budgets participatifs à ses écoles et quartiers), qui avait emporté l’enthousiasme d’un jury composé d’élus nationaux et de professionnels. Le Ruban valorise, donne du crédit, et peut inciter non seulement les récipiendaires à aller plus loin, mais les aider à gagner des partenaires économiques sensibles à leur écodynamisme.

Quitte ou double ?

Les élus de Firminy lauréats en 2012, photo ©XavierPierre

Les élus de Villefranche-sur-Saône lauréats en 2012, photo ©XavierPierre

La reconduction du Ruban est possible, mais loin d’être automatique. “S’il reprend certains critères, le jury est pervers : il en ajoute, note, espiègle, Élise Gaultier. On attend que les lauréats passés intègrent dans leur action les questions au centre de l’actualité nationale, comme la transition énergétique, l’économie circulaire ; qu’ils fassent mieux avec moins, se préoccupent davantage de cohésion sociale, de santé et d’environnement…” Des résultats chiffrés sont réclamés. Il arrive fréquemment que des municipalités, considérant qu’elles sont “en chantier” diffèrent leur renouvellement, préférant peaufiner leur programme plutôt qu’échouer à conserver leur label. Pour éviter d’interférer avec les récents scrutins, et mettre en porte-à-faux les équipes municipales sortantes/entrantes, les Rubans 2014 seront remplacés par un colloque en septembre prochain. Mais certains sont déjà dans les starting-blocks pour 2015, nullement effrayés par le drastique cahier des charges à respecter. Ainsi Olivier Mandon, conseiller délégué à l’environnement et au développement durable de Villefranche-sur-Saône, a hâte d’être jugé sur ses actes. Ce militant du bio a promu dès 2009 un plan environnement et développement durable, lancé une fête de l’Environnement, fait nommer des référents dans l’ensemble des services de la Ville, défendu un plan climat-énergie territorial, validé soixante actions sur les soixante-sept prévues pour le mandat précédent (comme la thermographie aérienne des habitations ou la création d’un rucher municipal). Le Ruban conquis en 2012 sera-t-il conservé ? Olivier Mandon y croit dur comme fer : en plus de son bilan, il avance quarante nouvelles actions pour six ans — dont la baisse de la vitesse sur l’autoroute aux portes de l’agglomération caladoise. Le Ruban devient ligne de conduite…

www.rubansdudeveloppementdurable.com

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