TakeAway : C’est pour emporter ?

Nicolas Duval, Ludivine Vajou et Victor Marostegan, créateurs de TakeAway. © DR
Nicolas Duval, Ludivine Vajou et Victor Marostegan, créateurs de TakeAway. © DR

Trois mousquetaires issus de l’Ifag Lyon dépoussièrent le concept du doggy-bag dans les restaurants de Rhône-Alpes. Avec en ligne de mire la lutte contre le gâchis.

Oubliez la hantise de l’assiette jamais finie au restaurant ; ce temps maudit où l’on se forçait à terminer son plat trop copieux sans appétit, où l’on se résignait, rongé par la culpabilité, à abandonner ses restes, tout ça parce que l’on n’osait demander au maître d’hôtel de les empaqueter comme cela se fait fréquemment outre-Atlantique. Dans les murs de l’incubateur d’entreprises de l’Ifag Lyon, un trio d’étudiants a repensé le principe du doggy-bag (et du wine-bag) afin de le rendre non seulement plus moderne, mais également plus avantageux pour le consommateur et le restaurateur. Le secret ? Faire appel à la pédagogie, au design et à des annonceurs…

Menu gagnant-gagnant

La box de TakeAway se déplie en une assiette, est étanche,
biodégradable et sert de support publicitaire. © DR

La vingtaine motivée, Ludivine Vajou, Nicolas Duval et Victor Marostegan sont pleins de bon sens. Formé à la gestion, le trio sait que pour intéresser sa clientèle, son service doggy-bag + wine-bag ne doit rien coûter au restaurateur — ou très peu. D’autant que permettre aux convives de repartir avec les mets non terminés est un plus pour l’établissement, ou plutôt un moins à évacuer : en effet, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 12 juillet 2010 dite Grenelle II, les règles relatives au tri et à la valorisation de tous les sous-produits organiques de cuisine ne cessent se durcir : le seuil au-dessus duquel il sera obligatoire de retraiter les biodéchets et les huiles alimentaires usagées passera ainsi en 2016 à 10 t  et 60 l par an alors qu'il est de 400 t et 300 l aujourd'hui ! Rien que cela donne à réfléchir. Quant au wine-bag, il se place tout seul : s’il favorise une consommation modérée sur place (et donc diminue les risques d’ébriété au volant), il permet d’écouler davantage de bouteilles, quand la tendance est à la vente au verre.
Pour conquérir une cible urbaine, jeune et sensible aux démarches responsables, le doggy-bag se devait d'être aussi séduisant que pratique d’utilisation : en collaboration avec Créati’on Studio et grâce au concours du groupe Zebra, les trois jeunes entrepreneurs ont donc imaginé une box novatrice, pouvant se métamorphoser en assiette, étanche, et recyclable à 100 %. Restait la question du financement : la box se révélant un merveilleux support publicitaire, elle accueille chaque trimestre quatre annonceurs exclusifs dans la formule de lancement (OnlyLyon, Ifag, Créati’on Studio et Maublanc Autoplan sont les premiers à soutenir TakeAway jusqu’à novembre 2014 inclus). Les restaurateurs désireux d’être partenaires peuvent souscrire différentes formules d’abonnement mensuel (de 39,90 € les 100 produits d’emballage, panachage possible, à 129,90 € les 400). Nicolas Duval et ses associés ont calculé que dès la deuxième bouteille de vin achetée, le service est quasiment remboursé pour l’établissement.
Leur projet a déjà emporté le soutien de nombreux professionnels, à commencer par Grégory Cuilleron, toujours attentif aux démarches incitant à une limitation des gaspillages alimentaires.
Disponible dans la région Rhône-Alpes à compter du 1er octobre, notamment chez Jean-Paul Lacombe (Léon de Lyon) ou au Selcius, TakeAway se signalera en vitrine et sur les menus par de petites vignettes. En attendant, le trio est en phase active de prospection : restaurateurs, c'est le moment de passer commande…

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