Un septembre photographique (I)

© Jacques Damez. La Couleur du noir et blanc, 2005. Courtesy galerie Le Réverbère, Lyon.
© Jacques Damez. La Couleur du noir et blanc, 2005. Courtesy galerie Le Réverbère, Lyon.

En écho à l’exposition des galeries présentée à la Confluence, Photo Docks Art Fair propose ses Itinérances durant le mois de septembre en Rhône-Alpes ; et les indépendants leur vision de la question. Impressions…

Lyon Septembre de la Photographie, la biennale autrefois pilotée par Gilles Verneret du Bleu du Ciel ressuscite sous une forme éparpillée façon puzzle. Si, pendant trois semaines, une kyrielle de galeries spécialisées comme de lieux à la programmation plus généraliste et d’espaces atypiques se mettent en réseau pour diffuser de la photographie au public, certains le font avec le label Itinérances, de Photo Docks Art Fair, d’autres en totale indépendance. Le programme étant dense et la communication pas forcément optimale, c’est souvent le hasard et le bouche-à-oreille qui dirigent les pas des visiteurs. Laissons-les nous guider à travers les méandres de cette manifestation…

Hélène Katz & François Nussbaumer : Figures libres à la galerie Elizabeth Couturier, jusqu’au samedi 4 octobre

Deux Strasbourgeois d’origine ; deux artistes de la galerie qui cohabitent et dialoguent en paix, nul ne venant empiéter sur le territoire de l’autre — parfois, ce doit être un fameux casse-tête d’apparier les univers et de marier les ego ! L’assemblage fonctionne d’autant mieux que chacun des photographes réalise ses portraits selon un protocole, et dans une esthétique très identifiable : à Hélène Katz la couleur, la frontalité des visages, les ambiances décalées et cette impression qu’elle est là pour saisir des instantanés burlesques et dérisoires, où qu’elle aille sur le globe ; à François Nussbaumer un noir et blanc pulvérulent, des angles nets, l’art paradoxal de révéler ses sujets sans presque jamais dévoiler leur visage, une humilité et une gravité immanentes… Chacun observe le monde, chacun en rapporte une vision. Et c’est au visiteur de décider laquelle est, pour lui, la plus mélancolique, la plus porteuse d’optimisme, ou si, étrangement, elles ne font pas jeu égal, comme dans une bataille, lorsque deux figures identiques se retrouvent face à face…

Jacques Damez : Entre[z] libre ! à la galerie Le Réverbère, jusqu’au samedi 27 décembre

C’est l’un des maîtres des lieux du Réverbère qui lance cette invitation à découvrir ses travaux. Que d’allers-retours pour lui, qui avait suivi les travaux de la Confluence (Prosopopée de chantier, dont des fragments sont accrochés rue Burdeau), et se trouve également exposé sur son stand à Docks Art Fair avec Intimerrances ! À domicile, Jacques Damez dévoile, outre la pointe de la Presqu’île en mutation (un témoignage documentaire déjà vu), son Afrique buissonnière bien nommée, tant elle est paraît en retrait, discrète, dans ses petits formats : le photographe semble avoir voulu condenser ses sensations, ou craint de se laisser déborder par elles. Paysages et décors, plus que visages et corps, composent cette série. Lorsqu’il délaisse le bâti, l’espace, le vide et l’approche documentaire, Damez se montre un explorateur plus audacieux, un géographe plus précis. Sa série Tombée des nues, apparaît comme une interrogation posée de mille et une façons ; une de ces équations qui peuvent admettre des solutions opposées. Fragmentant le corps, l’agrandissant, le confrontant à son négatif, le reconstruisant à l’envi, traquant le palpitant ou le fantomatique, le vivant dans le détail, la séquence ou le bougé.

(à suivre…)

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