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	<title>Archives des Stéphane Marchetti - Stimento</title>
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	<title>Archives des Stéphane Marchetti - Stimento</title>
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		<title>“Pauvres créatures”, “La Tête froide” et “Comme un prince” en salle le 17 janvier 2024</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vincent RAYMOND]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jan 2024 22:03:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une trépassée qui ne l’est plus, une passeuse dépassée ; un Souleymane qui veut passer et un Souleyman dans l’impasse. L’humanité et ses passions dans trois films cette semaine. Entre autres… Pauvres créatures de Yórgos Lánthimos Londres, à la fin du XIXe siècle. Professeur de médecine épris d’expériences physiologiques peu orthodoxes, le Dr Godwin Baxter est [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.stimento.fr/2024/01/17/pauvres-creatures-la-tete-froide-comme-un-prince-en-salle-le-17-janvier-2024/">“Pauvres créatures”, “La Tête froide” et “Comme un prince” en salle le 17 janvier 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.stimento.fr">Stimento</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong>Une trépassée qui ne l’est plus, une passeuse dépassée ; un Souleymane qui veut passer et un Souleyman dans l’impasse. L’humanité et ses passions dans trois films cette semaine</strong>. Entre autres…</strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><strong><em>Pauvres</em> <em>créatures</em> de Yórgos Lánthimos</strong> </mark></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Londres, à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle. Professeur de médecine épris d’expériences physiologiques peu orthodoxes, le Dr Godwin Baxter est parvenu à ressusciter Bella, une jeune femme en apparence retardée mentale qu’il garde sous clef. Pour suivre ses fulgurants progrès, Baxter recrute l’un de ses étudiants, le gentil Max qui s’attache à ce cobaye. Avide d’explorer le monde comme sa sensualité dévorante, Belle préfère s’enfuir avec Duncan Wedderburn, un jouisseur mondain la voyant comme une proie facile. Il le payera cher…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359.jpg?resize=1024%2C683&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-3898" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=330%2C220&amp;ssl=1 330w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=420%2C280&amp;ssl=1 420w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=615%2C410&amp;ssl=1 615w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?resize=860%2C573&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/024_PT_Atsushi_Nishijima_20211026_00359-scaled.jpg?w=2340&amp;ssl=1 2340w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">C&rsquo;est joli, Lisbonne. Photo by Atsushi Nishijima. Courtesy of Searchlight Pictures.© 2023 Searchlight Pictures All Rights Reserved.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De la vertu de l’expérimentation et du non conformisme au sein des majors… Troisième Lion d’Or en sept Mostre pour Searchlight (désormais filiale de Disney), <em><strong>Pauvres créatures</strong></em> succède donc au palmarès vénitien à <em><strong>La Forme de l’eau</strong></em> (2016) et <em><strong>Nomadland</strong></em><strong><em> </em></strong>(2020). Signé comme ses devanciers par un non-Étasunien — est-ce un hasard ? —, ce film revendique surtout dans sa chair composite les mérites du bizarre, de la transgression. En clair, tout ce dont les studios se méfient comme la peste… ou qu’ils aseptisent dans des franchises clonées les unes sur les autres, jusqu’à la lie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conte philosophico-gothique reprenant la figure d’un «<em>&nbsp;Prométhée moderne</em>&nbsp;» fabriquant du vivant à partir de “pièces détachées“, <em><strong>Pauvres créatures</strong></em><strong><em> </em></strong>se double d’une spectaculaire mise en abyme puisque dans sa forme-même, le film apparaît visuellement hybride. Au fur et à mesure de l’évolution du personnage de Bella et de son éveil au monde — aux sens, à la connaissance — l’esthétique de l’image mue : noir et blanc avec ultra grand angle et effet fish-eye pour “l’enfance” ; couleurs chaudes et pastel pour “l’adolescence“ ; teintes plus nuancées et <em>chiaroscuro</em> pour “l’âge adulte“. Les cadrages demeurent néanmoins volontiers excentriques, soulignés par la partition décalée de Jerskin Fendrix où dissonances et désaccords renforcent le malaise ambiant..</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Étonnante Stone</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait des années que Lánthimos tourne autour de sujets voisins, se focalisant sur des personnages vivant dans une proximité toxique, retranchés d’un monde dont ils redoutent l’ouverture et la normalité. Longtemps amateur d’esthétiques beige, de froideur <em>seventies </em>et de réalisme blafard, le cinéaste a opéré une bascule significative avec<strong><em> </em></strong><em><strong>La Favorite</strong></em> (2018). Comme s’il découvrait par ce film les possibilités offertes par le mouvement, abolissant la grandiloquence sentencieuse au profit d&rsquo;une extraversion incarnée. Ou la folie saisie comme chez Żuławski au plus près et au plus vif, dilatée par l’anamorphose. On notera que cette bascule correspond à l’arrivée devant sa caméra d’Emma Stone, éclipsant autant Olivia Coleman que Rachel Weisz.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pauvres créatures</strong></em><strong><em> </em></strong>n’aurait pu exister sans la contribution de cette comédienne. Certes, le reste de la distribution ne démérite pas et la direction artistique pèse un poids artistique considérable — maquillages burtoniens, décors steampunk et personnages lynchiens obligent — mais ce que livre Emma Stone pour faire <em>vivre</em> son personnage s’avère à proprement parler estomaquant. Cela, sans entrer dans cette détestable course à la “performance” empoisonnant par ses artefacts éventés les grandes productions depuis des décennies.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Pauvres Créatures - Bande-annonce officielle (VOST) | Searchlight" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/RC6Fmy8XhQg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Fuyant les clichés pour mieux habiter son rôle, Stone ose être une poupée désarticulée comme elle ose la nudité frontale ou des orgasmes en gros plan. Autant de camouflets aux ukases hollywoodiens et à leur hypocrite pudibonderie que d’armes narratives au service de l’affranchissement de Bella. Sans cette prise de risque physique, le propos féministe de ce roman d’apprentissage déviant eût été une coquille vide — un corps sans âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, ce qui étonne n’est pas tant qu’une actrice fasse preuve d’une telle amplitude, mais qu’elle s’autorise encore, à son niveau de notoriété et dans l’époque corsetée qui est la nôtre, à interpréter un rôle aussi politique. Voilà qui ajoute encore à son audace, sa pertinence et son talent.</p>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/Pauvres-creature-affiche.jpeg?resize=768%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-3897 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/Pauvres-creature-affiche.jpeg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/Pauvres-creature-affiche.jpeg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/Pauvres-creature-affiche.jpeg?w=810&amp;ssl=1 810w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pauvres créatures</strong></em><strong>&nbsp;de Yórgos Lánthimos&nbsp;(Irl.-G.-B.,-É.-U., 2h21) avec Emma Stone, Mark Ruffalo, Willem Dafoe, Ramy Youssef… En salle le 17 janvier 2024</strong></p>
</div></div>



<p class="has-text-align-center has-medium-font-size wp-block-paragraph">*<sup>*</sup>*</p>



<h3 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><strong><strong><em>La Tête froide</em></strong> de Stéphane Marchetti</strong></mark></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mal remise d’une rupture douloureuse, Marie survit dans un bungalow de montagne et tente d’éponger ses dettes grâce au trafic transfrontalier de cigarettes. Le hasard place sur son chemin Souleymane, un jeune réfugié qui la convainc de l’aider à passer des clandestins en échange d’une commission. Prise à la gorge, Marie accepte, sans se douter des conséquences…&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1.jpg?resize=1024%2C429&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-3901" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1-scaled.jpg?resize=1024%2C429&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1-scaled.jpg?resize=300%2C126&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1-scaled.jpg?resize=768%2C322&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1-scaled.jpg?resize=1536%2C644&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1-scaled.jpg?resize=2048%2C858&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1-scaled.jpg?resize=860%2C360&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_photo_3-1-scaled.jpg?w=2340&amp;ssl=1 2340w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Tête à tête pas tellement chaleureux, visiblement©UFO Distribution</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Les Engagés,</strong></em><strong><em> </em></strong><em><strong>Les Survivants</strong></em><strong><em>, </em></strong><em><strong>Le Prix du Passage</strong></em><strong><em>,</em></strong><em><strong> Moi Capitaine </strong></em>et désormais <em><strong>La Tête froide</strong>…</em> Longue est déjà la liste (non exhaustive !) des films consacrés aux passeurs occasionnels parvenus sur les écrans depuis 18 mois. À ceux qui vitupéreraient le manque d’inspiration des réalisateurs ou des scénaristes, on objectera que la réalité s’impose à eux et qu’ils auraient tort de la fuir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout lorsque les autorités préfèrent la réduire au rapport globalisant de Frontex. Chargée de surveiller les frontières européennes, l’agence recense les «<em> passages irréguliers</em>&nbsp;» qu’elle qualifie «&nbsp;<em>d’incidents</em>&nbsp;». Et lorsqu’elle publie ses chiffres (<a href="https://www.frontex.europa.eu/media-centre/news/news-release/significant-rise-in-irregular-border-crossings-in-2023-highest-since-2016-C0gGpm">environ 380 000 personnes&nbsp; pour 2023), elle commente les variations («&nbsp;augmentation significative&nbsp;»)</a> ou note les origines géographiques des réfugiés sans préciser ni les raisons de leur passage (climat, guerre, famine etc.), ni les autres chiffres en corrélation (<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/09/29/plus-de-2-500-migrants-morts-ou-disparus-en-mediterranee-depuis-le-debut-de-l-annee-selon-l-onu_6191504_3212.html#:~:text=Immigration%20en%20Europe-,Plus%20de%202%20500%20hommes,%20femmes%20et%20enfants%20sont%20morts,soit%20une%20hausse%20de%2083%20%25.&amp;text=Lecture%202%20min.">comme les 2 500 morts ou disparus en Méditerrannée en 2023 d’après l’ONU, en augmentation de +50% par rapport à 2022</a>).&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LA TÊTE FROIDE - Bande annonce (un film de Stéphane Marchetti)" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/gfwAksuJNAY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de la bureaucratie, <em><strong>La Tête froide</strong></em> replace l’humain au-devant de la statistique en revenant au singulier et aux motivations individuelles. Il faut du temps de construire des personnages nuancés, tracer des parcours cohérents et s’abstraire des caricatures comme de l’angélisme. On reconnaîtra à <a href="https://www.stimento.fr/2024/01/14/stephane-marchetti-et-florence-loiret-caille-la-tete-froide-on-est-la-pour-temoigner-de-la-vie/">Stéphane Marchetti</a>, étranger à tout manichéisme, cette qualité comme son œil pour choisir ses interprètes. Florence Loiret Caille, entre fragilité et aspérité, et puis la découverte Saabo Balde, dont on espère qu’il ne fait pas que passer.</p>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="774" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1.jpg?resize=774%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-3900 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?resize=774%2C1024&amp;ssl=1 774w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?resize=227%2C300&amp;ssl=1 227w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?resize=768%2C1016&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?resize=1161%2C1536&amp;ssl=1 1161w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?resize=1548%2C2048&amp;ssl=1 1548w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?resize=860%2C1138&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?resize=1536%2C2032&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/ltf_affiche-1-scaled.jpg?w=1935&amp;ssl=1 1935w" sizes="auto, (max-width: 774px) 100vw, 774px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>La Tête froide</strong></em><strong>&nbsp;de Stéphane Marchetti&nbsp;(Fr,, 1h32) avec Florence Loiret Caille, Saabo Balde, Jonathan Couzinié… En salle le 17 janvier 2024</strong></p>
</div></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*<sup>*</sup>*</p>



<h3 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><strong><strong><em>Comme un prince</em></strong> de Ali Marhyar</strong></mark></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Promis à un titre olympique de boxe, Souleyman enfreint le couvre-feu pour aller faire le mariole en boîte de nuit où il se déglingue la main. Les métacarpes et la carrière en miettes, il est de surcroît condamné à 400 heures de TIG comme jardinier au Château de Chambord. Dans son équipe, la jeune Mélissa semble prédisposée au Noble Art. En toute illégalité, Souleyman va entraîner cette ado rebelle…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE%C2%A9-ISSA-FILMS-YZE-ORANGE-STUDIO-FRANCE-3-CINEMA_PRO-0011_HD.jpg?resize=1024%2C429&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-3906" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE%C2%A9-ISSA-FILMS-YZE-ORANGE-STUDIO-FRANCE-3-CINEMA_PRO-0011_HD.jpg?resize=1024%2C429&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE%C2%A9-ISSA-FILMS-YZE-ORANGE-STUDIO-FRANCE-3-CINEMA_PRO-0011_HD.jpg?resize=300%2C126&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE%C2%A9-ISSA-FILMS-YZE-ORANGE-STUDIO-FRANCE-3-CINEMA_PRO-0011_HD.jpg?resize=768%2C322&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE%C2%A9-ISSA-FILMS-YZE-ORANGE-STUDIO-FRANCE-3-CINEMA_PRO-0011_HD.jpg?resize=1536%2C643&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE%C2%A9-ISSA-FILMS-YZE-ORANGE-STUDIO-FRANCE-3-CINEMA_PRO-0011_HD.jpg?resize=860%2C360&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE%C2%A9-ISSA-FILMS-YZE-ORANGE-STUDIO-FRANCE-3-CINEMA_PRO-0011_HD.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Malaury <strong>Wanecque</strong> relève le gant. C&rsquo;est déjà ça.© ISSA FILMS-YZE-ORANGE STUDIO-FRANCE 3 CINÉMA</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Faux pas/possibilité de revanche sur la vie torpillée par une trahison/seconde chance/tout est bien qui finit bien. Sans surprise, <em><strong>Comme un prince</strong></em> suit à la lettre le canevas de ce qu’il convenu d’appeler une “comédie de rédemption”, avec ses crises prévisibles et ses rebondissements attendus (rabibochage familial, concrétisation de l’histoire sentimentale entre Souleyman et sa supérieure-guindée-venant-d’un-autre-milieu-social). Aucune originalité à attendre, donc, du scénario, qu’une réalisation standard enveloppe de sa morne neutralité.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Comme Un Prince - Bande-annonce" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/HTINar6eWOM?start=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Reste l’interprétation. Commençons par les seconds rôles, confiés à un aréopage d’illustres copains d’Ali Marhyar — il est toujours précieux d’avoir un carnet d’adresses fourni. Jonathan Cohen, Jonathan Lambert ou Ivan Gotesman font ainsi des apparitions (des sketches sur mesure) aérant un brin le récit. Mais c’est surtout Mallory Wanecque qui se démarque, en sparring partner du sympathique Ahmed Sylla. Découverte dans la comédie <em><strong>Les</strong></em> <em><strong>Pires</strong></em> de Lise Akoka et Romane Gueret&nbsp;(2022), la jeune comédienne prouve ici que son envie de cinéma s’accompagne d’un engagement consciencieux ; <em><strong>Comme un prince </strong></em>servira au moins à parfaire sa formation.</p>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE_120x160_BD.jpg?resize=768%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-3905 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE_120x160_BD.jpg?resize=768%2C1025&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE_120x160_BD.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/01/COMME-UN-PRINCE_120x160_BD.jpg?w=850&amp;ssl=1 850w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Comme un prince</strong></em>&nbsp;<strong>de Ali Marhyar&nbsp;(Fr., 1h30) avec Ahmed Sylla, Mallory Wanecque, Julia Piaton… En salle le 17 janvier 2024</strong></p>
</div></div>
<p>L’article <a href="https://www.stimento.fr/2024/01/17/pauvres-creatures-la-tete-froide-comme-un-prince-en-salle-le-17-janvier-2024/">“Pauvres créatures”, “La Tête froide” et “Comme un prince” en salle le 17 janvier 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.stimento.fr">Stimento</a>.</p>
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		<title>Stéphane Marchetti et Florence Loiret Caille (“La Tête Froide”) : « On est là pour témoigner de la vie »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vincent RAYMOND]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jan 2024 00:16:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Ici & Ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Sarlat]]></category>
		<category><![CDATA[Florence Loiret Caille]]></category>
		<category><![CDATA[La Tête froide]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Marchetti]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son premier long métrage de fiction, le documentariste Stéphane Marchetti raconte la rencontre d’un réfugié et d’une femme à la dérive se transformant en passeuse par nécessité. Une histoire pétrie de réalisme, qui a valu à Florence Loiret Caille le prix d’interprétation féminine au Festival de Sarlat.&#160; Quel est le point de départ de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3873" class="elementor elementor-3873">
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									<p></p>
<h2><strong>Pour son premier long métrage de fiction, le documentariste Stéphane Marchetti raconte la rencontre d’un réfugié et d’une femme à la dérive se transformant en passeuse par nécessité. Une histoire pétrie de réalisme, qui a valu à Florence Loiret Caille le prix d’interprétation féminine au Festival de Sarlat.&nbsp;</strong></h2>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<h3><strong>Quel est le point de départ de<em> La Tête froide</em> ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stéphane Marchetti</strong> : Je pense que je voulais faire surtout le portrait d&rsquo;une femme sur le fond de problématique de la migration. C&rsquo;est un travail que j&rsquo;ai commencé en documentaire, quand j’ai tourné dans jungle de Calais, où j&rsquo;ai vu vraiment des choses humainement très dures. J&rsquo;avais envie de prolonger ces questions qui irriguent notre société par le biais de la fiction. La problématique est prégnante depuis dix ans, et elle sera encore là pendant les dix ou vingt prochaines.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Pourquoi veulent-ils aller à tout prix en Angleterre ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM :</strong> Ils la voient tous comme un “Eldorado” — c’est l’un des mots que l’on entendait le plus à Calais. Après, il n&rsquo;y a jamais qu’une raison : la langue en est une autre car bien souvent, ils parlent anglais. Et puis souvent également, leur famille a fait le voyage auparavant et il y a des communautés très implantées en Angleterre. En tant que musulmans, ils ont aussi l&rsquo;impression d&rsquo;être mieux considérés… Et puis, c’est beaucoup plus simple de travailler sans papiers en Angleterre. Mais la frontière anglaise se fait en France — du fait des accords du Touquet.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Florence, qu’est-ce qui vous a convaincue d’incarner ce personnage ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Florence Loiret Caille</strong> : Eh bien&#8230; C&rsquo;est Stéphane ! Il y a trois ans, maintenant, il m&rsquo;a contactée pour me dire qu’il avait écrit ce rôle en pensant à moi — ça n’arrive pas tous les jours. Je l’ai rencontré. Et j’ai dit : «<em>&nbsp;c’est bon, on y va !&nbsp;</em>» Je savais que j’allais explorer des contrées que je ne connaissais pas. C’est toujours bien de se retrouver comme dans un pays étranger. Et d&rsquo;apprendre la langue du metteur en scène, de voir ce qui se passe en croyant à tout.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Vous êtes-vous sentie proche du personnage de Marie ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>FLC</strong> : Avant de tourner, je suis incapable de faire un portrait psychologique. C&rsquo;est au moment de le faire, et après l&rsquo;avoir fait, que “le truc“ se met dans le cerveau, je pense. Au moment de tourner, il s&rsquo;agit de se mettre dans un état où on croit à tout ce qu&rsquo;on joue.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : Ça dépend des acteurs. Florence a un côté très instinctif, très viscéral. Elle m’a dit : «&nbsp;<em>je vais devenir Marie en le jouant</em>.&nbsp;» En même temps, Saabo [Balde, NDR], qui joue le rôle de Souleymane, avait besoin de plus pour le background de son personnage : d’où il venait, des choses comme ça. Mais Florence, c&rsquo;est quelque chose de très animal.</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>FLC</strong> : Oui, et comme Stéphane vient du documentaire, j&rsquo;avais envie d&rsquo;accueillir les choses comme si c&rsquo;était de la vie qui s’enregistrait.</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : Et puis Marie, c’est un personnage qui agit et réfléchit après coup. Elle est à la fois dans une survie financière et émotionnelle. Le fait que les deux personnages soient dans une forme de survie — qui est différente — permet qu’ils se retrouvent et arrivent à sceller cette espèce de pacte faustien au début du film.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Parfois, les comédiens passent par des périodes de vaches maigres. Est-ce que ça vous est arrivé et si oui, est-ce que ça vous a aidée pour composer le rôle de Marie ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>FLC</strong> : Pas à ce point-là, mais oui. Et c’est très fragile, ça reste très fragile. On ne sait jamais si on va travailler après. Ça m&rsquo;est arrivé pendant des années de ne pas avoir mon statut, de ne pas travailler, ou de faire des choses que je n&rsquo;avais pas forcément envie de faire, mais qu&rsquo;il fallait que je joue à tout prix.</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que ça aide à construire le rôle ? Je ne crois pas, non. En fait, quand je joue, les choses viennent beaucoup de l&rsquo;extérieur. J&rsquo;ai vraiment l&rsquo;impression de me mettre dans un état d&rsquo;attention. C&rsquo;est un travail qui s&rsquo;est fait avant, malgré moi, je pense. C&rsquo;est comme quand on prépare un plat et qu&rsquo;on le laisse mijoter. Alors, il y a un peu de panique, parce que je vais me dire : «&nbsp;<em>Ahlala, je n’ai pas appris le texte</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>je ne me suis pas vraiment préparée physiquement</em>&nbsp;». Mais là, c’est une situation nouvelle, je me suis dit que j’allais me mettre dans cet état-là. Si je témoigne de moi, ça me coupe l’imagination, j’ai l’impression que je ne suis pas à l’écoute de ce qui m’entoure.</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai du mal à parler de mon métier, parce que c&rsquo;est un moment qui est un peu sacré, le tournage : il faut qu&rsquo;il se passe quelque chose, là. Ça ne peut pas être 5 minutes après, ça peut pas être 5 minutes avant. Il faut être dans la vie et en même temps, ça enregistre quelque chose qui va disparaître. Donc, ça fait un peu peur. Mais quand on se dit qu&rsquo;on est là pour témoigner de la vie (et pas de soi), ça me parle plus que si je parle de ma propre expérience.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Vous êtes-vous posé la question de ce que vous feriez-vous si vous étiez dans la situation de Marie ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>FLC</strong> : Je ne sais pas. C’est très difficile, hein&#8230; Mais je suis contente de l&rsquo;avoir fait.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Marie est une jeune femme plutôt frêle, mais on sent qu’elle est une montagnarde…</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">(rires) <strong>SM</strong> : Maintenant, on peut dire la petite blague. Florence, au bout d&rsquo;un petit moment : «<em>&nbsp;je te le dis : je n’aime pas le froid, je n’aime pas la neige !</em>&nbsp;» (rires) Mais elle a un côté très nerveux, très physique.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Comment avez-vous découvert son partenaire, Saabo Balde ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : Dans un casting. Le directeur de casting avait demandé aux différents acteurs de donner une petite vidéo, une petite improvisation d&rsquo;une minute. J&rsquo;ai aimé celle de Saabo : il était avec un marcel blanc, il avait le regard hyper fixe, il a mis 10 secondes à parler et au moment-même où il parle, il y avait quelque chose de très évident. Il a déjà joué dans le film de Robert Guédiguian <strong><em>Twist à Bamako. </em></strong>Il fait aussi beaucoup de théâtre. Il a une vraie présence.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>La géographie a une importance capitale sur ce territoire de frontières, dominé par la montagne et la blancheur qui doivent avoir des incidences esthétiques. Comment avez-vous composé votre image ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : Avec mon chef-op, on avait justement envie d&rsquo;un film qui se situerait sur une frontière, sur une crête, entre quelque chose de très réaliste, et en même temps que le film soit irrigué de cinéma. Du coup on a essayé de chercher cette ligne : on ne voulait pas une image trop naturaliste, mais quelque chose qui ait une identité un petit peu plus affirmée.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le film est vraiment parti d&rsquo;une image : une femme dans la montagne. En revenant de Calais, cette image, a été un désir de cinéma, et après il a fallu créer des personnages et une histoire autour. Mais la montagne est vraiment quelque chose de très fort, et j&rsquo;avais envie que les spectateurs puissent éprouver ce que c&rsquo;est que de passer une frontière ; franchir un col de montagne, les pieds dans la neige, en plein hiver…</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>De désinvisibiliser ceux qui le font ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : Rendre visible ces invisibles, quelque part, oui.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Le personnage de Souleymane est très déterminé, parfois agressif. Il sort de “l’imagerie habituelle“.</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : L’idée était justement de sortir de ce prêt-à-penser, bien/pas bien, gentil/méchant… Dans mon parcours, dans les documentaires que j&rsquo;ai pu réaliser, j&rsquo;ai rencontré des gens toujours à la frontière, dans une espèce de zone grise, qui prennent des décisions pour s&rsquo;en sortir. Pour moi, la question de survie est vraiment indissociable des questions de moralité. Souleymane a ce côté très taiseux au début, mais il était vraiment déterminé à rejoindre sa sœur. Le flic aussi est à la marge. Ils sont tous sur une frontière (sourire).</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong><em>La Tête froide</em> ne livre pas de “ jugement moral“ sur les personnages…</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : Je n’avais pas envie de faire un film avec discours ni un film moralisateur, je voulais raconter une histoire singulière. Je suis vraiment persuadé qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il faut déconstruire un peu un discours ou parler de la migration autrement. En racontant notamment cette histoire singulière : chacun après est libre de la prendre et de la recevoir comme il veut.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">C’était intéressant d’avoir pour point de départ Marie, cette femme dans une précarité financière, tellement engluée dans ses problèmes, qu&rsquo;elle ne voit pas nécessairement ceux des autres. Ça laissait l&rsquo;occasion de pouvoir tirer un fil derrière et de la faire évoluer plutôt que de prendre quelqu&rsquo;un qui aurait fait tout de suite le bien. En termes de cinéma et de narration, je ne sais pas où j’aurais emmené le personnage ensuite. Là, il y a justement cette prise de conscience et ce changement de regard.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">Je ne cherche pas forcément à en faire une héroïne. Mais ça se joue vraiment dans une prise de conscience et quelque chose qui change à la fois dans son regard sur les autres et probablement aussi un petit peu sur elle.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Le film est coproduit par Auvergne—Rhône-Alpes Cinéma. D&rsquo;un point de vue territorial, on n&rsquo;est pas tellement en Rhône-Alpes. Qu&rsquo;est-ce qui est spécifiquement lié à cette région ?&nbsp;</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : La montagne ? (sourires) Après, ce sont des process de production. Le lieu principal du film était le Briançonnais ; on a fait quelques séquences d’arrivées dans Lyon. Le film s’inscrivait dans la géographie de la région.</p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph">Venant justement du documentaire, c&rsquo;était quelque chose pour moi qui était important de tourner dans les lieux les plus proches possibles. J&rsquo;ai fait la traversée une fois à pied, pour m&rsquo;en rendre compte. La première fois, j&rsquo;ai arrêté. Je me suis dit, «<em>&nbsp;je vais me foutre en l’air&nbsp;</em>» , parce que c&rsquo;était dangereux et je voyais devant moi des pas dans la neige. Je savais que c&rsquo;était forcément des personnes qui cherchaient à rejoindre la France. C’est un lieu chargé d&rsquo;émotions. Et le film est aussi chargé de ces endroits, de ces parcours.</p>
<p></p>
<p></p>
<h3><strong>Avez-vous montré votre film à des policiers ?</strong></h3>
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>SM</strong> : Non, mais j&rsquo;espère que des policiers iront le voir. Je n&rsquo;ai pas de souci à leur montrer. On est là aussi pour essayer que nos films soient vus par le plus de gens possible et que ça puisse changer pas nécessairement la face du monde, mais si on arrive à convaincre une personne et que ça fait bouger une personne, c&rsquo;est déjà beaucoup.</p>
<p></p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://www.stimento.fr/2024/01/14/stephane-marchetti-et-florence-loiret-caille-la-tete-froide-on-est-la-pour-temoigner-de-la-vie/">Stéphane Marchetti et Florence Loiret Caille (“La Tête Froide”) : « On est là pour témoigner de la vie »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.stimento.fr">Stimento</a>.</p>
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