culture & art de vivre, autrement

Stimento
  • Tous les articles
  • La Une
  • Brèves
  • Entretien
  • Cinéma
  • Livres
  • Saveurs
  • Ici & Ailleurs
  • Musique
  • Dans le rétro
Reading: “À pied d’œuvre”, “The Mastermind” en salle le 4 février 2026
Partager
Aa
StimentoStimento
  • Tous les articles
  • La Une
  • Cinéma
  • Entretien
  • Livres
  • Ici & Ailleurs
  • Saveurs
  • Brèves
Search
Follow US
Made by ThemeRuby using the Foxiz theme. Powered by WordPress
Tous les articles > Cinéma > “À pied d’œuvre”, “The Mastermind” en salle le 4 février 2026
Cinéma

“À pied d’œuvre”, “The Mastermind” en salle le 4 février 2026

Dernière modification le 22/03/2026 à 09:56
Par Vincent RAYMOND Publié le 07/02/2026
Partager
Temps de lecture : 8 min.
Maintenant qu'il a pris la main, Bastien Bouillon continue en collant les affiches du film / Photo : © Christine Tamalet
Maintenant qu'il a pris la main, Bastien Bouillon continue en collant les affiches du film / Photo : © Christine Tamalet

Cette semaine sur les écrans, deux hommes qui ambitionnent de réussir à travers l’art se mesurent à l’échec. Entre autres…

Sommaire
À pied d’œuvre de Valérie Donzelli The Mastermind de Kelly Reichardt 

À pied d’œuvre de Valérie Donzelli 

Photographe professionnel ayant bien vécu de son art, Paul Marquet a décidé un (beau ?) jour de lâcher le succès, l’argent, la stabilité pour écrire. Dans sa quête d’absolu créative, il va se dépouiller de tout — du confort à sa famille — et devoir financer son nouvel idéal. Pour cela, il se met à accepter des petits boulots d’autant moins bien payés qu’ils sont proposés sur une plateforme en ligne selon une enchère dégressive. L’intello troque son ordinateur contre une expertise de factotum et le dénuement contre la précarité…

« À la sueur de ton front tu mangeras du pain ». Depuis la Bible (et sans doute même avant), l’Homme accepte comme naturelle, voire nécessaire, la pénibilité du travail. Comme si tous les désagréments subis durant son labeur contribuaient à éponger quelque vieille ardoise édénique. Les artistes n’échappent pas à cette malédiction : souvent décrits comme vivant dans des sphères éthérées, dépourvus de toute considération terrestre, on exige d’eux la vache enragée et que leurs œuvres soient consubstantielles à d’infinis tourments… En somme, rien ne peut s’obtenir dans la légèreté ni la joie : chacun doit faire l’épreuve de la souffrance pour mériter sa part. Et peut-être, l’éphémère satisfaction d’une réussite.

En bossant en écrivant

En moine soldat de l’écriture, Paul s’obstine avec une forme de vertige dont on ne saurait dire s’il tient de l’orgueil ou de l’humilité. Son sacrifice jusqu’à l’obsession, à l’avilissement matériel volontaire, se transforme en drogue dans le temps qu’elle devient le carburant de son inspiration. Toucher du doigt la misère des sans grades en étant exploité (et revendiquer l’authenticité de l’être) le légitime dans sa démarche littéraire. Il lui faut vivre la galère et se défaire de ses anciens oripeaux pour pouvoir écrire. La démarche pourrait rappeler les enquêtes documentaires à la Florence Aubenas (Le Quai de Ouistreham), mais elle porte moins sur la révélation d’un contexte social que sur une épiphanie artistique personnelle.

Control, Command ou Escape, c'est plus facile sur le clavier que dans la vraie vie / Photo : © Christine Tamalet
Control, Command ou Escape, c’est plus facile sur le clavier que dans la vraie vie / Photo : © Christine Tamalet

Certes, en creux et dans les marges, À pied d’œuvre montre bien cette économie du diable par la queue, l’uberisation ignoble de la tâche par des particuliers plus ou moins sympas ; de même qu’il évoque les paradoxes de ce monde de l’édition qui rétribue chichement ses auteurs — mais où les éditeurs n’ont visiblement pas de problèmes de loyer. Sans insister sur le sujet, Valérie Donzelli diffuse ces thèmes en arrière-plan, rendant la croisade solitaire de Paul moins égoïste qu’elle ne pourrait sembler de prime abord.

Prix, concours…

Justement distingué à Venise par un Prix du Scénario (pour Valérie Donzelli et 🔗Gilles Marchand), À pied d’œuvre est, après 🔗L’Affaire Bojarski, le second film depuis le début 2026 où Bastien Bouillon impose sa silhouette. Après une quinzaine d’années de métier, quatre films par an en moyenne et une consécration comme “espoir“ (en 2023 !), il devrait enfin pouvoir être considéré par la profession comme digne d’être éligible aux plus prestigieux trophées. Après tout, il est au moins autant du sérail que Swann Arlaud…

À pied d’œuvre de Valérie Donzelli (Fr., 1h30) avec Bastien Bouillon, André Marcon, Virginie Ledoyen… Sortie le 4 février 2026.

***

Antoine Raimbault & José Bové (“Une affaire de principe”) : « Raconter le travail des parlementaires et le triomphe du droit dans l’hémicycle » 
Trending
Antoine Raimbault & José Bové (“Une affaire de principe”) : « Raconter le travail des parlementaires et le triomphe du droit dans l’hémicycle » 

The Mastermind de Kelly Reichardt 

1970, aux États-Unis. La trentaine, Mooney végète professionnellement, au grand dam de son père juge et de sa mère qui accepte en secret de lui financer un hypothétique projet entrepreneurial. Elle ignore qu’elle lui permet de mettre sur pied le casse de trois toiles dans un musée, que Mooney a minutieusement conçu. Mais entre l’exécution du plan contrecarrée par des bras cassés et l’écoulement du butin, rien ne se déroulera pour ce cerveau trop intello…

Est-ce un hasard si The Mastermind arrive après Showing Up (2022) ? Ils forment en tout cas un diptyque édifiant sur la création artistique en échec : d’un côté une plasticienne qui hésite, achoppe, se laisse envahir par ses problématiques familiales alors qu’elle devrait rester concentrée sur la conception de son exposition ; de l’autre un homme obnubilé par l’art dans lequel il voit une issue pour fuir le cul-de-sac de sa vie routinière. Pour Kelly Reichardt, l’œuvre d’art n’est pas une fin en soi mais un prétexte — un McGuffin — permettant de parler de ce qu’il y a autour de sa présence.

1970

C’est en effet ici moins le cambriolage que le contexte d’une époque que la réalisatrice capture et encapsule dans son film — pour rester dans la thématique, on pourrait presque parler d’un travail virtuose de faussaire tant elle parvient à restituer. Dès les premières images, on croirait à un authentique film de la fin des années 1960 : décors, costumes, gueules, cadrage, étalonnage et  rythme global du film… tout concourt à évoquer un film indépendant du Nouvel Hollywood. Le parcours du personnage-titre, stratège à la petite semaine, rappelle également les itinéraires bancals des anti-héros fleurissant dans ces années de guerre du Vietnam, où la jeunesse (les baby-boomers) oscillait entre contestation et désespérance — revoir Macadam Cowboy (1969) ou Le Canardeur (1974).

Sortir le cadre pour pouvoir du cadre… / Photo : ©2025 Mastermind Movie Inc
Sortir le cadre pour pouvoir sortir du cadre… / Photo : ©2025 Mastermind Movie Inc

Loin de se borner à un exercice de contrefaçon, The Mastermind est à l’instar de Inside Llewyn Davis (2013) des frères Coen un très beau et très pathétique portrait d’individu, d’autant plus captivant qu’il le suit quasiment en permanence, usant d’une sobriété pouvant paraître surprenante. Ce “minimalisme omniprésent” fait écho à celui de l’espace à l’écran, encore vierge de ces produits de la société de consommation saturant le moindre recoin de notre existence. Rappeler que le monde occidental était alors encore “empli de vide” et que l’on pouvait espérer y tracer sa route, a de quoi laisser songeur, sinon nostalgique…

The Mastermind de Kelly Reichardt (É.-U., 1h50) avec Josh O’Connor, Alana Haim, John Magaro… Sortie le 4 février 2026.

À lire également

Un regard un peu froid, tout de même / Photo : © Haut et Court
“Sukkwan Island”, “Sorda”, “Vivaldi et moi” en salle le 29 avril 2026
Vladimir, dans l'attente du regard (perçant) de David / Photos et montage © Vincent Raymond
Vladimir de Fontenay & David Vann (“Sukkwan Island”) : « C’est une espèce de travail de métamorphose du livre, pas sa négation »
Avoir charge d'âme, allégorie / Photo : © Arizona distribution
“Soumsoum, la nuit des astres”, “La Poupée”, “Les Fleurs du manguier”, “Pour le meilleur” en salle le 22 avril 2026
La bande à Phiphi / Photo : © Vincent Raymond
Philippe Croizon (“Pour le meilleur”) : « Elon Musk ne correspond pas à mes valeurs »
La marionnettiste en cheffe, Sophie Beaulieu / Photo : © Vincent Raymond
Sophie Beaulieu (“La Poupée”) : « Je voulais qu’on soit toujours à la limite »
"Je ne sais pas pourquoi il y a cette appétence" (Mahamat-Saleh Haroun) / Photo : © Vincent Raymond
Mahamat-Saleh Haroun (“Soumsoum, la nuit des astres”) : « La dissimulation, c’est ce qui parcourt tout le film »

TAGGED: À pied d'œuvre, Alana Haim, André Marcon, Bastien Bouillon, Cannes 2025, Critique, Gilles Marchand, Josh O'Connor, Polar, The Mastermind, Valérie Donzelli, Venise 2025, Virginie Ledoyen
Vincent RAYMOND 22/03/2026 07/02/2026
Partager cet article
Facebook Twitter Whatsapp Whatsapp LinkedIn Email Copy Link

À LA UNE

Une jeunesse qui ne peut ni aller en cours, ni en courses © 2024 OREZANE FILMS - QUAD-TEN - GAUMONT - ORPHÉE FILMS

“Notre monde”, “Le Déserteur”, “Indivision”, “Le Mangeur d’âmes”, “N’avoue jamais”, “Frères” en salle le 24 avril 2024

Cinéma
11/09/2024
Vladimir, dans l'attente du regard (perçant) de David / Photos et montage © Vincent Raymond

Vladimir de Fontenay & David Vann (“Sukkwan Island”) : « C’est une espèce de travail de métamorphose du livre, pas sa négation »

L’un des romans les plus marquants de ces vingt dernières années est devenu film grâce…

30/04/2026
Avoir charge d'âme, allégorie / Photo : © Arizona distribution

“Soumsoum, la nuit des astres”, “La Poupée”, “Les Fleurs du manguier”, “Pour le meilleur” en salle le 22 avril 2026

Cette semaine dans les salles, des femmes rebelles, des enfants courageux et un nageur entêté.…

30/04/2026
La bande à Phiphi / Photo : © Vincent Raymond

Philippe Croizon (“Pour le meilleur”) : « Elon Musk ne correspond pas à mes valeurs »

Quadri-amputé après un accident, Philippe Croizon est devenu à force d’obstination un sportif de haut…

30/04/2026

VOUS AIMEREZ AUSSI

“Sukkwan Island”, “Sorda”, “Vivaldi et moi” en salle le 29 avril 2026

Cette semaine dans les salles, une virée glaciale sur une île sauvage, une mère malentendante et une musicienne orpheline. Entre…

CinémaLa Une
03/05/2026

Vladimir de Fontenay & David Vann (“Sukkwan Island”) : « C’est une espèce de travail de métamorphose du livre, pas sa négation »

L’un des romans les plus marquants de ces vingt dernières années est devenu film grâce à Vladimir de Fontenay. Conversation…

CinémaEntretienLa UneLivres
30/04/2026

“Soumsoum, la nuit des astres”, “La Poupée”, “Les Fleurs du manguier”, “Pour le meilleur” en salle le 22 avril 2026

Cette semaine dans les salles, des femmes rebelles, des enfants courageux et un nageur entêté. Entre autres… Soumsoum, la nuit…

CinémaLa Une
30/04/2026

Philippe Croizon (“Pour le meilleur”) : « Elon Musk ne correspond pas à mes valeurs »

Quadri-amputé après un accident, Philippe Croizon est devenu à force d’obstination un sportif de haut niveau, traversant la Manche à…

CinémaEntretienLa Une
30/04/2026

Stimento culture & art de vivre, autrement. Pourquoi ? Parce que s’il traite de l’actualité culturelle la plus large et généreuse, s’il aborde la gastronomie, le design, le patrimoine, le tourisme et le shopping, Stimento s’intéresse également à toutes les questions citoyennes et solidaires d’avenir.

  • Contact
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • À propos de nous

Nous suivre : 

STIMENTO

culture & art de vivre, autrement

Stimento
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Welcome Back!

Sign in to your account

Lost your password?