culture & art de vivre, autrement

Stimento
  • Tous les articles
  • La Une
  • Brèves
  • Entretien
  • Cinéma
  • Livres
  • Saveurs
  • Ici & Ailleurs
  • Musique
  • Dans le rétro
Reading: “Sirāt”, “Connemara”, “Renoir” en salle le 10 septembre 2025
Partager
Aa
StimentoStimento
  • Tous les articles
  • La Une
  • Cinéma
  • Entretien
  • Livres
  • Ici & Ailleurs
  • Saveurs
  • Brèves
Search
Follow US
Made by ThemeRuby using the Foxiz theme. Powered by WordPress
Tous les articles > Cinéma > “Sirāt”, “Connemara”, “Renoir” en salle le 10 septembre 2025
Cinéma

“Sirāt”, “Connemara”, “Renoir” en salle le 10 septembre 2025

Dernière modification le 13/12/2025 à 10:54
Par Vincent RAYMOND Publié le 11/09/2025
Partager
Temps de lecture : 11 min.
Trois ravers assis vont moins loin qu'un père debout / Photo : © Pyramide distribution
Trois ravers assis vont moins loin qu'un père debout / Photo : © Pyramide distribution

Une quête désespérée, des retrouvailles désespérantes et un été entre deux âges cohabitent dans les salles cette semaine. Entre autres…

Sommaire
Sirāt de Oliver LaxeConnemara de Alex LutzRenoir de Chie Hayakawa

Sirāt de Oliver Laxe

Une rave dans le désert marocain. Accompagné par son fils d’une dizaine d’années, Luis est à la recherche de sa fille aînée, disparue depuis des semaines. Quand les forces de l’ordre surgissent pour interrompre la fête, Luis décide sur un coup de tête de suivre un groupe en route pour un autre rassemblement, toujours plus loin dans le désert. Sans idée de ce qui les attend…

« Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps… » (Jean-Patrick Capdevielle) / Photo : Pyramide distribution

Parier sur la postérité des films est un drôle d’exercice. Aussi aléatoire que d’essayer de comprendre pourquoi l’on éprouve parfois le besoin de revoir à l’envi des nanars déplorables ou, a contrario, on satisfait d’une vision unique de certaines “grandes œuvres”. Et puis il est des films dont la découverte produit en temps réel une telle expérience qu’ils semblent voués à rester tant ils se démarquent du flot commun. Sans être en tout point révolutionnaires, ils créent un hiatus suffisamment notable pour intriguer, captiver et réveiller un art en proie au conformisme émollient. Sirāt est de ce métal contondant.

Enfer et damnation

Pourtant — et c’est sans doute ce qui rend son visionnement si saisissant — l’ouverture s’inscrit (en apparence) sous les auspices de la plus insolente banalité. Combien de fois a-t-on déjà vu des drames mettant en scènes des parents éplorés traquant leurs enfants disparus ? Certes, le cadre tranche ici puisque nous sommes immergés dans le son hypnotique d’une rave abolissant les repères d’une faune en rupture de ban. Toutefois, la perspective d’une quête statique mâtinée de tchaka-poum n’a a priori rien de palpitant ; c’est là que le film provoque sa propre rupture à son mitan, changeant de forme (il devient road movie, puis survival) et de sujet grâce à des rebondissements à tout le moins culottés.

Sergi López (“Sirāt”) : « C’est un film que je ne sais pas à quoi comparer »

Avant Óliver Laxe, Hitchcock a bien sûr déjà déconcerté ses spectateurs de la sorte dans Psychose (1960) en jouant sur une “fausse intrigue” initiale, un prologue visant à installer les consciences dans des certitudes ou des motifs reconnaissables. Le choc de la sortie de route qu’il impose ensuite s’avère brutal, d’autant plus qu’il franchit les limites du psychologiquement tolérable. Sans images complaisantes ni obscènes, les transgressions s’enchaînent, formant une chapelet de suraccidents psychologiques. Une succession si tragique qu’elle frôle l’humour noir et atteint au bout du compte une dimension métaphysique — où l’on rejoint le fameux Sirāt du titre, ce fin chemin surplombant l’enfer.

Épreuve (et tour) de force

Dosant avec une habileté féroce ces deux ingrédients clefs du thriller que sont la surprise et le suspense, Sirāt attaque par ailleurs son public sur terrain émotionnel — comment ne pas ressentir de l’empathie pour le personnage de Luis interprété par 🔗Sergi López ? — sans négliger pour autant la composante organique. L’effet physique des basses et des sons répétitifs ajoute aux agressions psychologiques, ne laissant aucune échappatoire. Sirāt est ainsi un film que l’on éprouve car il s’avère impossible de le voir ou de l’entendre seulement ; il se vit et partage en direct et prouve accessoirement que les néo-procédés immersifs ne sont pas forcément la panacée. Prix du Jury, Sirāt n’a pas été ignoré à Cannes, le temps dira s’il aurait dû figurer plus haut au palmarès.

Sirāt de Oliver Laxe (Esp.-Fr., 1h55) avec Sergi López, Bruno Núñez Arjona, Richard Bellamy… En salle le 10 septembre 2025.

Antoine Raimbault & José Bové (“Une affaire de principe”) : « Raconter le travail des parlementaires et le triomphe du droit dans l’hémicycle » 
Trending
Antoine Raimbault & José Bové (“Une affaire de principe”) : « Raconter le travail des parlementaires et le triomphe du droit dans l’hémicycle » 

***

Connemara de Alex Lutz

Victime d’un burn-out, Hélène quitte Paris et son bon job pour revenir avec sa famille dans sa ville vosgienne d’origine. Vite installée avec un emploi taillé pour ses compétences, elle retrouve goût à la vie — enfin, c’est ce qu’elle pense. Lorsqu’elle croise par hasard Christophe, l’idole du lycée qui a végété dans le coin mais rêve toujours de briller dans l’équipe de hockey locale, quelque chose en elle se ranime. Alors que tous les oppose, ils entament une liaison clandestine…

Après Partir un jour, Rester toujours / Photo : © 2025 INCOGNITO PICTURES – SUPERMOUCHE PRODUCTION – STUDIOCANAL – Jean-François Hamard

🔗Leurs enfants après eux, match retour ? Sans être la suite du roman de Nicolas Mathieu, Connemara pourrait en être une prolongation parallèle, l’écrivain modelant une même glaise humaine issue d’un même bassin socio-géographique. Stéphanie s’appelle ici Hélène et elle concrétise enfin avec son crush des années lycée. Mais si dans les contes de fées, les tourtereaux parviennent à surpasser leurs différences de milieu pour vivre leur romance, il en va tout autrement dans les récits se voulant ancrés au creux du réel, où un(e) transclasse ne peut plus faire marche arrière — fût-ce pour des raisons sentimentales. Le déterminisme a la peau dure.

Ni avec toi ni sans toi

On devine ce qui, dans le sujet et la géographie de cette histoire, a pu séduire Alex Lutz lui-même originaire du Grand Est, mais “exilé” à la capitale où sa carrière et sa notoriété ont explosé. L’attachement aux racines ; l’envie (le besoin ?) d’un retour aux sources teinté d’un nostalgique « et si ? »… Il y a sans doute beaucoup plus d’intime qu’il n’ose lui-même se l’avouer dans cette adaptation à la tonalité globalement pessimiste.

Car davantage que les protagonistes et leur adultère prétexte (pour ne pas dire anecdotique), c’est bien la toile de fond qui mérite toute l’attention. La somme des détails enregistrant les différences irréconciliables entre deux mondes, l’impossible miscibilité sociale une fois que la passion est devenue routine : Christophe et son cercle de potes finalement un peu beauf qui chante du Sardou parce que c’est la coutume en soirée ; Hélène la diaphane tourmentée sans âge (tiens, un rôle comme d’habitude pour Mélanie Thierry) qui renonce à déchoir de son confortable petit socle.

Tout est fragile et miné par la fatalité dans ce Connemarra vosgien : du père de Christophe vermoulu d’Alzheimer à la séquence pathétique du match où son enfant manque son triomphe. Tout rappelle que l’espoir est hors d’atteinte en France périphérique, et les happy end des mensonges de cinéma. À cette addition lestée de pessimisme manque un souffle lyrique qui rendrait la tragédie émouvante comme du Olivier Adam. Las, on suit un programme dont le fil grisailleux se dévide sans surprise. 

Connemara de Alex Lutz (Fr.-Bel., 1h55) avec Mélanie Thierry, Bastien Bouillon, Jacques Gamblin… En salle le 10 septembre 2025.

***

Renoir de Chie Hayakawa

1987, l’été à Tokyo. À 11 ans, Fuki n’est plus une enfant et à peine une ado. L’hospitalisation de son père et la tendance de sa mère à se trouver des dérivatifs professionnels ou personnels, la conduisent à passer beaucoup de temps seule. Livrée à elle-même, elle s’occupe notamment avec les messageries téléphoniques pour adultes. S’exposant avec un mixte de curiosité et de candeur à des situations (ou des risques) qui ne sont pas de son âge…

Lolita, lolipop, allo / Photo : © Eurozoom distribution

Comparez un portait actuel de la réalisatrice avec celui de son héroïne coiffée à la Louise Brooks ; calculez l’âge que la première avait en 1987 et ô surprise ! c’est le même que Fuki dans Renoir. Nul besoin d’être grand clerc pour déduire que ce deuxième long métrage de Chie Hayakawa est une autobiographie à peine voilée. La chronique d’un été pas comme les autres, coïncidant avec la fin d’une certaine innocence — ou la prise de conscience de la gravité du monde s’ouvrant à son regard.

Coming of age movie dissimulant sous la vivacité acidulée de l’époque les chausse-trapes cruelles de la vie d’adulte, Renoir est une sorte de film impressionniste, un assemblage de tranches de vie aigres-douces, par petites touches délicates. Mais tout sensible que le sujet soit, il ne se démarque guère de ces tombereaux de récits initiatiques un brin autocentrés. Il faut dire que la recette ne varie guère : un événement traumatisant, un soupçon d’impudeur, l’ébauche d’une épiphanie artistique… et le tour est joué. Il n’est pas défendu de préférer le précédent film de Chie Hayakawa, la dystopie Plan 75 (2022), fable terriblement pessimiste sur l’avenir des aînés dans la société nippon…

Renoir de Chie Hayakawa (Jap.-Fr.-Sing.-Phil.-Indo.-Qat., 1h59) avec Yui Suzuki, Lily Franky, Hikari Ishida… En salle le 10 septembre 2025.

À lire également

Un regard un peu froid, tout de même / Photo : © Haut et Court
“Sukkwan Island”, “Sorda”, “Vivaldi et moi” en salle le 29 avril 2026
Vladimir, dans l'attente du regard (perçant) de David / Photos et montage © Vincent Raymond
Vladimir de Fontenay & David Vann (“Sukkwan Island”) : « C’est une espèce de travail de métamorphose du livre, pas sa négation »
Avoir charge d'âme, allégorie / Photo : © Arizona distribution
“Soumsoum, la nuit des astres”, “La Poupée”, “Les Fleurs du manguier”, “Pour le meilleur” en salle le 22 avril 2026
La bande à Phiphi / Photo : © Vincent Raymond
Philippe Croizon (“Pour le meilleur”) : « Elon Musk ne correspond pas à mes valeurs »
La marionnettiste en cheffe, Sophie Beaulieu / Photo : © Vincent Raymond
Sophie Beaulieu (“La Poupée”) : « Je voulais qu’on soit toujours à la limite »
"Je ne sais pas pourquoi il y a cette appétence" (Mahamat-Saleh Haroun) / Photo : © Vincent Raymond
Mahamat-Saleh Haroun (“Soumsoum, la nuit des astres”) : « La dissimulation, c’est ce qui parcourt tout le film »

TAGGED: Bastien Bouillon, Bruno Núñez Arjona, Cannes 2025, Chie Hayakawa, Connemara, Critique, Hikari Ishida, Jacques Gamblin, Lily Franky, Mélanie Thierry, Rave Party, Richard Bellamy, Sergi López, Sirāt, Yui Suzuki
Vincent RAYMOND 13/12/2025 11/09/2025
Partager cet article
Facebook Twitter Whatsapp Whatsapp LinkedIn Email Copy Link

À LA UNE

Une jeunesse qui ne peut ni aller en cours, ni en courses © 2024 OREZANE FILMS - QUAD-TEN - GAUMONT - ORPHÉE FILMS

“Notre monde”, “Le Déserteur”, “Indivision”, “Le Mangeur d’âmes”, “N’avoue jamais”, “Frères” en salle le 24 avril 2024

Cinéma
11/09/2024
Vladimir, dans l'attente du regard (perçant) de David / Photos et montage © Vincent Raymond

Vladimir de Fontenay & David Vann (“Sukkwan Island”) : « C’est une espèce de travail de métamorphose du livre, pas sa négation »

L’un des romans les plus marquants de ces vingt dernières années est devenu film grâce…

30/04/2026
Avoir charge d'âme, allégorie / Photo : © Arizona distribution

“Soumsoum, la nuit des astres”, “La Poupée”, “Les Fleurs du manguier”, “Pour le meilleur” en salle le 22 avril 2026

Cette semaine dans les salles, des femmes rebelles, des enfants courageux et un nageur entêté.…

30/04/2026
La bande à Phiphi / Photo : © Vincent Raymond

Philippe Croizon (“Pour le meilleur”) : « Elon Musk ne correspond pas à mes valeurs »

Quadri-amputé après un accident, Philippe Croizon est devenu à force d’obstination un sportif de haut…

30/04/2026

VOUS AIMEREZ AUSSI

“Sukkwan Island”, “Sorda”, “Vivaldi et moi” en salle le 29 avril 2026

Cette semaine dans les salles, une virée glaciale sur une île sauvage, une mère malentendante et une musicienne orpheline. Entre…

CinémaLa Une
03/05/2026

Vladimir de Fontenay & David Vann (“Sukkwan Island”) : « C’est une espèce de travail de métamorphose du livre, pas sa négation »

L’un des romans les plus marquants de ces vingt dernières années est devenu film grâce à Vladimir de Fontenay. Conversation…

CinémaEntretienLa UneLivres
30/04/2026

“Soumsoum, la nuit des astres”, “La Poupée”, “Les Fleurs du manguier”, “Pour le meilleur” en salle le 22 avril 2026

Cette semaine dans les salles, des femmes rebelles, des enfants courageux et un nageur entêté. Entre autres… Soumsoum, la nuit…

CinémaLa Une
30/04/2026

Philippe Croizon (“Pour le meilleur”) : « Elon Musk ne correspond pas à mes valeurs »

Quadri-amputé après un accident, Philippe Croizon est devenu à force d’obstination un sportif de haut niveau, traversant la Manche à…

CinémaEntretienLa Une
30/04/2026

Stimento culture & art de vivre, autrement. Pourquoi ? Parce que s’il traite de l’actualité culturelle la plus large et généreuse, s’il aborde la gastronomie, le design, le patrimoine, le tourisme et le shopping, Stimento s’intéresse également à toutes les questions citoyennes et solidaires d’avenir.

  • Contact
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • À propos de nous

Nous suivre : 

STIMENTO

culture & art de vivre, autrement

Stimento
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Welcome Back!

Sign in to your account

Lost your password?