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Tony Estanguet (“Par amour du sport”) : « Il y a encore à faire pour développer la place du sport dans la société »

Dernière modification le 06/03/2026 à 19:15
Par Vincent RAYMOND Publié le 06/03/2026
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Temps de lecture : 28 min.
Yes you canoë ! / © Paris 2024 -Tom Lefèvre
Yes you canoë ! / © Paris 2024 -Tom Lefèvre

Président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques Paris 2024, Tony Estanguet a su mener sa barque en dépit des vents contraires. À la manière d’un roman d’apprentissage à la première personne du collectif, il raconte dans “Par amour du sport“ le long chemin de ses Jeux, sans rien enjoliver des faits ni se donner le beau rôle. Rencontre.

Ni autobiographie, ni auto-célébration, ni règlement de comptes,  Par amour du sport est un ouvrage atypique d’une incroyable transparence sur votre mandat à la tête du COJOP qui donne l’étonnante impression que vous êtes le spectateur de cet événement auquel vous avez pris une part plus qu’active…

Tony Estanguet : C’est une nouvelle expérience pour moi : faire continuer à travers ce livre le rêve des Jeux de Paris 2024. Ça n’était pas du tout anticipé ni préparé. Pendant les dix années que j’ai vécues à la tête de ce projet, je ne me suis jamais dit que j’allais écrire un livre sur toute cette aventure. Six mois après la fin des Jeux, je me suis rendu compte que ce serait intéressant de laisser une trace, de partager comment j’ai vécu les choses. Parce que j’ai vécu des choses assez extraordinaires et je me retrouve tout à fait dans ce que vous venez de décrire. 

L’idée était d’essayer d’être le plus exhaustif possible sur tout ce qui s’est passé en amont des Jeux. Ce livre n’est pas concentré sur ce qui s’est passé pendant les Jeux — évidemment, j’en parle sur la fin —  mais de raconter ce que les gens connaissent moins. Tout ce qu’on a fait et qu’il a fallu mettre en œuvre pour réussir ces Jeux. Depuis leur fin, je n’arrête pas d’être questionné sur comment ça s’est passé, ce que j’en garde comme souvenir, ce qui a été le plus difficile…  J’ai essayé de répondre à pas mal de ces questions, comme vous le disiez, de manière assez transparente. 

Je ne voulais pas que ce soit une version angélique de l’organisation ; ça n’a pas été un long fleuve tranquille. C’est un projet formidable qui a complètement changé ma vie et je reste forcément très attaché à ce que j’ai vécu et très positif. Même si, alors que je pensais bien connaître les Jeux, j’ai été surpris par la difficulté de la tâche et tout ce qui tout ce que ça représentait.

J’essaie donc de raconter toutes toutes les crises qu’on a qu’on a eu à gérer et ce que j’en retiens. Pendant une dizaine d’années, je me suis obligé à laisser mes émotions de côté pour être vraiment mobilisé sur la mission d’organisation. Là, en me replongeant dans toute cette histoire, j’ai fait l’inverse en essayant d’aller puiser dans toutes les émotions que j’ai pu ressentir dans les différents moments pour rendre le récit plus intéressant.

Parce qu’avant même d’entrer dans le dur de l’organisation, il y a eu toute cette phase où vous accédez aux instances du CIO, où vous découvrez ce que vous ne supposiez sans doute pas…

Les gens ne le savent pas forcément, mais il y a presque eu trois projets différents dans toute cette aventure. Le premier a consisté à convaincre les acteurs de vouloir être candidats — parce que la France avait déjà candidaté à plusieurs reprises, ça avait rarement très bien fonctionné. Le premier défi était de convaincre la ville de Paris de déposer une candidature. La deuxième étape, c’était toute la phase de candidature : on était face à d’autres pays, d’autres villes et on a réussi à faire la différence — notamment à battre les Américains. Je parle beaucoup de ce match entre la France et les Américains, qui était assez stimulant, on va dire ! (sourire). 

Et puis la troisième partie, c’est l’organisation des Jeux : une fois qu’on a gagné la candidature, les sept années entre l’obtention des Jeux en 2017 et l’organisation 2024, Là, on est entré dans une nouvelle phase, avec de nouvelles responsabilités. La pression n’a fait que monter progressivement avec, à chaque phase, leurs enjeux, leurs spécificités, leurs difficultés et des enseignements intéressants à partager.

Ça a été assez introspectif de me replonger dans toute cette histoire de Paris 2024. De me rendre compte à quel point ce que j’ai vécu en tant que président des Jeux, j’avais déjà eu l’impression de le vivre dans ma première vie d’athlète. Quand vous êtes athlète, vous êtes forcé de vous dépasser, de résister à la pression, de rebondir après des difficultés, des échecs qui ne manquent pas. À la tête de Paris 2024, ça n’a pas été non plus un long fleuve tranquille. On a eu beaucoup de polémiques, de critiques, de crises majeures, avec des enjeux financiers vraiment pas simples. C’était vertigineux pour moi ; j’avais un peu ce ressenti pas d’illégitimité, à me demander vraiment si j’allais être capable de m’en sortir.

Un syndrome de l’imposteur?

Oui, voilà. Forcément, ça avait été un gros défi pour moi de rebondir après la fin de ma carrière sportive : quel travail j’allais pouvoir trouver après avoir fait 20 ans de canoë dans ma vie ? Quand on me l’a proposé, je n’ai pas hésité longtemps : on n’allait peut-être jamais me proposer quelque chose d’aussi important. Ça a été quand même assez vertigineux pour moi de me lancer dans ce défi-là. Si j’ai réussi à développer toutes ces compétences dans un laps temps assez réduit, c’est aussi parce que je me suis appuyé sur celles que j’avais développées en tant que en tant qu’athlète. 

Tous les jours, j’ai fait des choses que je n’avais jamais faites avant dans ma vie. J’ai eu cette chance aussi de rencontrer des gens qui m’ont aidé à grandir, à me transformer. Ce livre rend hommage à ces gens à qui je dois énormément : ils m’ont soit tendu la main, soit prodigué de bons conseils pour réussir à prendre les bonnes décisions.

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Il faut en effet avoir le sens de l’adaptation mais aussi le sens de la délégation : d’une poignée au départ, vous serez plusieurs milliers à l’arrivée. Il vous a fallu trouver les personnes idoines pour gérer chaque compartiment de ce paquebot que deviennent les Jeux…

Assez vite, j’ai compris que je n’étais pas l’expert et que la réussite passerait par ma capacité à m’entourer des bonnes personnes et à les laisser développer leur expertise, voire protéger leur capacité à travailler. Je devais faire le paravent et faire en sorte qu’on laisse les experts travaille. Même si on est dans un pays où tout le monde a un avis sur tout et on est plutôt bon pour essayer de regarder très finement tout ce qui ne va pas, il faut aussi qu’il y ait des gens qui travaillent pour faire ce qu’ils savent faire.

On est quand même dans un pays formidable : il y a des experts, de grands athlètes mais aussi de grands artistes, de grands professionnels de l’organisation ; on a une administration publique que j’ai vue à l’oeuvre et qui a soulevé des montagnes. On a su créer ce partenariat entre la société civile, les grandes entreprises, les administrations publiques, j’en ai été le témoin. Mon rôle était de coordonner l’implication des uns et des autres, pas de “faire” — parce que je n’avais pas l’expertise pour faire — mais de m’assurer que chaque acteur ayant un rôle important à jouer le joue et ne s’immisce pas dans des prérogatives qui n’étaient pas les siennes. Qu’il ait suffisamment d’informations pour mener à terme leur mission et reste concentré dessus.

Mon rôle était de coordonner l’implication des uns et des autres, pas de “faire”

Tony Estanguet

Cela peut sembler anecdotique mais vous n’aviez pas de bureau : vous étiez en open space avec les autres. Symboliquement, au point de vue hiérarchique, c’est très important…

Je crois que ça fait un peu partout maintenant dans les entreprises ; peut-être un petit peu moins il y a une dizaine d’années. En tous les cas, on a dû casser les habitudes de certains directeurs qui arrivaient et ne comprenaient pas pourquoi il n’y avait pas leur bureau avec leurs équipes autour d’eux. On a vraiment essayé d’installer cette mixité très importante au sein des équipes de Paris 2024. La spécificité des grands événements sportifs, c’est qu’on est tous dépendants les uns des autres. Toutes les directions reposent sur la fragilité potentielle de l’une d’entre elles : il suffit qu’une qui soit en difficulté quelque part pour que cela mette à l’arrêt toute l’organisation. Ça bloque la machine et on ne parle plus que de ça. 

On a très vite compris que, dans notre environnement, le moindre couac prendrait le dessus sur toutes les autres réussites. Et que les directions n’avaient pas tellement intérêt à avancer dans leur coin pour développer leurs sujets, mais qu’il fallait qu’on garde cet esprit très collectif pour s’assurer qu’on avance tous à la même vitesse. L’open space c’est anecdotique par rapport à l’ensemble de la gouvernance, mais ça dit quand même qu’on a mis en place une méthode de travail pensée pour faciliter les échanges, la nécessité d’adaptation. Pendant ces sept années à l’organisation des Jeux, on était en permanence obligés de changer un peu nos habitudes et construire en fonction du contexte.

Vous avez évoqué des polémiques ; il y a eu aussi le Covid, la question de la sécurité au moment des attentats, la billetterie… Vous avez été également un peu malmené par les fédérations de karaté, de basket, de surf. Certaines crises ont pu être anticipées mais pas toutes — comme la dissolution. Comment fait-on pour surmonter ces situations et instiller de la sérénité aux équipes autour de soi ?

C’est la question qui revenait le plus dans tous les témoignages qui me remontaient après les Jeux — ou même sur la dernière ligne droite durant les deux dernières années. Les gens se demandaient comment on faisait pour garder le cap et ne pas baisser pas les bras face à autant de défiance et de pessimisme sur les chances de réussite de ce projet. C’était un peu: « courage, fuyons ; il faut fuir la capitale, ça va être un tel échec qu’il vaut mieux être le plus loin possible. » Quelque part, on s’était habitués à ça. Moi, j’étais dans ma mission commando, programmé dans ma tête jusqu’au 8 septembre 2024 : il fallait tenir bon jusqu’à la fin des Jeux paralympiques, quoi qu’il advienne — c’était le leitmotiv de notre état d’esprit. 

Je raconte dans ce livre tous ces passages de critiques et de polémiques. Comment elles m’ont affecté, notamment la première autour du karaté, qui pour moi était assez dure parce que c’était la communauté sportive qui m’attaquait sur mes valeurs sportives. Je n’avais pas forcément anticipé ça : je m’étais préparé à ce que la rivalité avec des acteurs politiques ou économiques soient plus forte qu’avec des acteurs du monde du sport. Donc pour moi, ça a été assez difficile à traverser.

Je raconte aussi des polémiques qui ont affecté aussi mes proches, et eu aussi un impact difficile à vivre pour moi : on m’avait un peu prévenu, j’avais discuté avec mes prédécesseurs des derniers jeux ; je savais j’allais être la cible de critique et d’attaque. Mais quand ça commence à toucher aussi l’environnement proche, là c’est assez difficile à gérer. Je le raconte parce que je ne voulais pas éluder cette partie-là, même si globalement ça s’est très bien passé et qu’on a su garder un noyau dur de gens qui y croyaient — à qui je rends hommage.

Du début à la fin, il y a quand même eu dans ce pays des gens qui croyaient au succès des Jeux. Qu’ils soient spectateurs, membres de fédérations, acteurs politiques ou entreprises, il y a toujours eu des indicateurs qui nous faisaient croire que ça marcherait. Il y avait un décalage immense entre ce qu’on pouvait entendre dans les médias, alimenté aussi par les anti-JO — il faut les respecter, ils ont droit de ne pas être pour les Jeux — ; et une partie de la population qui restait silencieuse mais qui croyait au succès. On avait des indicateurs sur le fait que le projet se développait bien : les infrastructures étaient dans les temps. Au niveau budgétaire, ça a été difficile jusqu’au bout, mais on pensait vraiment qu’on serait capable d’équilibrer le budget et ainsi de suite… 

Vous évoquiez la billetterie : bon, il y a eu une énorme polémique dans les médias. La réalité, c’est que le CIO nous disait : « on n’a jamais vendu autant de places, ne vous inquiétez pas trop parce que ce que vous faites c’est très bien et a priori vous allez sûrement battre un record du nombre de spectateurs » Ce qui a été le cas, mais bon, quand on regardait dans les médias ou les forums, on en prenait vraiment pour notre grade ! Donc dans ces moments là, il faut se concentrer sur ses points forts, essayer de prendre du recul par rapport au on-dit et trouver des indicateurs les plus rationnels et objectifs possibles pour continuer à piloter le projet.

Vous avez parlé de vos prédécesseurs. Dans quelles mesures l’échange que vous avez eu avec Sebastian Coe (le patron de Londres 2012) a-t-il été utile pour vous préparer à ce qui vous attendait ??

Franchement, je le remercie beaucoup parce que pour nous, nous comparer à Londres, c’était quand même une évidence : ces Jeux avaient été une réussite, avec des villes un peu comparables ; on avait forcément envie de s’inspirer, de s’appuyer sur les enseignements de Londres 2012. Et leurs équipes ont vraiment été exemplaires : elles sont venues à Paris et ont partagé avec les nôtres. Chacun des directeurs pouvait, avec son homologue, essayer de comprendre les difficultés, les réussites de l’époque. Ça a été une base de données très utile.

Ce qui était drôle, c’est qu’ils avaient beau nous prévenir de ce qu’on allait vivre — « attention, là, 10 mètres devant il y a un trou ne tombez pas dedans » — on partait tout droit et on tombait dedans. Et ils nous disaient : « le prochain trou est 50 mètres plus loin, un peu sur la droite, faites attention »… C’est quand même assez fou : de Jeux en Jeux, c’est toujours un peu les mêmes tendances qui se dégagent.

La première, c’est une indifférence totale : en 2017, les gens disent « mais 2024, c’est loin, franchement, ça ne m’intéresse pas. » Quoi que vous disiez ou fassiez pour essayer de rendre le projet séduisant, attractif, ça n’intéresse personne. Puis tout d’un coup, ça les intéresse beaucoup et ils se disent « Tiens, c’est vrai que ça arrive. En fait, ça m’intéresse. J’aimerais bien avoir un site de compétition chez moi. Je veux faire partie de cette aventure, de cette gouvernance et jouer un rôle. » Vient ensuite le temps des critiques, qui dure assez longtemps celui-là. On nous avait prévenu qu’il serait long et qu’il monterait en puissance jusqu’aux Jeux.

On espérait que comme pour Londres, ça finirait bien, même s’il fallait traverser des tempêtes avant d’y arriver.

Tony Estanguet

Et puis cette magie olympique fait son effet. Ils nous l’avaient dit : « ça a été très très dur pour nous la dernière année, mais après la cérémonie d’ouverture, on a eu l’impression d’avoir un pays différent. » Nous aussi. « Ensuite, ceux qui avaient beaucoup critiqué, normalement, vous diront : “finalement, on s’est trompé parce que c’était très beau“ » On est passé par les mêmes phases, avec des différences quand même, mais globalement c’était intéressant pour nous parce que ça nous permettait de nous préparer mentalement à ce qu’on allait affronter. Ça nous a aidés à tenir bon parce qu’on espérait que comme pour Londres, ça finirait bien, même s’il fallait traverser des tempêtes avant d’y arriver.

Vous avez sans doute déjà été sollicité par vos successeurs pour les Jeux d’été ou d’hiver afin de partager à votre tour votre expérience…

Oui, j’ai été très sollicité par Los Angeles notamment, puisque c’est les prochains Jeux. Forts de l’expérience qu’on a vécue, on a joué le jeu et on s’est rendu disponibles toute l’année dernière pour aller sur place, pour les accueillir et échanger autant que possible sur tout ce qu’on retenait de cette aventure. On espère qu’ils auront eux aussi une belle réussite à la fin. C’est notre intérêt que les jeux réussissent d’édition en édition : il y a peu d’événements qui ont cette capacité à fédérer, à réunir, à avoir ce message d’optimisme, d’émotions fortes.

On souhaite vraiment que Los Angeles réussisse en 2028 et de la même manière pour 2030, bien évidemment. Peut-être encore un peu plus parce qu’il y a beaucoup de gens investis sur 2024 qui travaillent aujourd’hui sur 2030. J’échange régulièrement avec Edgar Grospiron, le président de ce Comité d’organisation. On leur souhaite de vivre leur aventure. C’est important aussi que je disparaisse un peu des radars, parce que j’incarne trop 2024 et il faut que 2030 trouve sa place et sa voie. En revanche, on se tient complètement disponibles pour essayer de les accompagner quand ils ont des questions.

Au-delà des aspects difficiles à surmonter, vous avez vécu des moments d’émotions ou plus légers. Tel celui de la découverte de la vasque olympique à Nantes qui marchait tellement bien que les pompiers ont débarqué pensant à un incendie…

Oui, tout à fait. C’est vrai que c’était assez stressant sur le moment parce que c’était un premier test grandeur nature de cet objet très important. On avait mis la vasque dans un coin bien reculé de la banlieue nantaise, dans un entrepôt où il n’y avait vraiment personne — pour être sûr de pouvoir faire nos tests en toute confidentialité… Jusqu’au moment où les pompiers débarquent avec les sirènes. Donc moi, je me planque pour que les gens ne puissent pas me reconnaître ; on les rassure en leur disant que c’est des tests pour un spectacle.  Ils repartent mais on se dit que si les pompiers ont cru que c’était du feu, c’est plutôt bon signe.

La spécificité de cette vasque, c’est que ce n’était pas une vraie flamme mais une vasque électrique avec de la vapeur d’eau qu’on voulait la plus vraie possible. Il fallait un symbole de cette ambition de transition carbone, avec une réduction de moitié des émissions carbone des Jeux. C’était chouette que la vaque ne soit pas alimentée par du gaz pendant toute la durée des Jeux. Il y a plein d’anecdotes comme ça qui ont fait que cette créativité et cette audace ont été régulièrement récompensées. Dans le livre, je mets en avant les artistes, les ingénieurs et les gens qui ont eu cette expertise et ce talent pour penser des choses différemment.

La barre est haut pour Los Angeles…

J’espère qu’on va leur mettre la pression (sourire) mais je sais qu’ils ont aussi des ressources et, à mon avis, ils feront aussi de très beaux Jeux.

Lorsque vous avez mis un terme à votre carrière sportive, vous étiez au sommet de votre discipline avec vos trois médailles d’or. Vous avez achevé les jeux au sommet également ; comment vous voyez-vous poursuivre à présent ?

La question de l’après n’est pas évidente. Je suis effectivement déjà passé par cette transition une première fois dans ma vie. Après avoir fait une carrière assez longue de sportif de haut niveau, j’étais plutôt très inquiet à ce moment-là — et en même temps très curieux de savoir de ce que j’allais être capable de devenir. J’avais aussi envie de me prouver que j’étais capable de faire autre chose que du canoë, avec cette idée que c’est très difficile pour un sportif de haut niveau de se reconvertir et de retrouver des projets aussi excitants que la compétition. J’ai été servi. Ce que j’ai vécu, c’était peut-être encore plus fort que ma vie d’athlète. J’ai vécu vraiment une décennie absolument folle. 

Là, pour la première fois, je me suis toléré une vraie pause pour essayer de digérer ces deux premières vies d’athlète et d’organisateur des Jeux qui se sont enchaînées. Appuyer un peu sur le frein pour raconter cette histoire, me régénérer, retrouver aussi ma vie qui m’avait un peu échappé pendant ces aventures-là. Et me rendre compte que, finalement, j’aimais toujours la même chose : retrouver mon Béarn, mes proches… Cette vie assez simple, dans laquelle je me sens le mieux.

Maintenant, je vais me lancer dans la suite avec beaucoup d’envie et un peu moins d’inquiétude. J’essaie de rester optimiste parce que la vie nous réserve plein de surprises et ça va être à moi de saisir des opportunités, de me les construire, de les préparer — probablement dans le sport parce que c’est là qu’on me sent le plus légitime. On a besoin dans nos vies de trouver ce juste équilibre entre la passion et le sens. Et, encore une fois, un rôle utile. Même si dans le sport, on a démontré beaucoup de choses, on n’est pas allé au bout de l’aventure. Il y a encore à faire pour développer la place du sport dans la société. C’est ce que j’ai envie de faire dans les années qui viennent.

Et toujours au CIO ?

Toujours au CIO ! J’ai eu cette opportunité de redevenir membre du CIO pour accompagner des villes ou des pays qui organisent les Jeux. Je travaille là-dessus et je trouve ça très intéressant.

Tony Estanguet, Par amour du sport, Calmann Lémy, 352 p. (8h de lecture) 20,90€

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Vincent RAYMOND 06/03/2026 06/03/2026
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