culture & art de vivre, autrement

Stimento
  • Tous les articles
  • La Une
  • Brèves
  • Entretien
  • Cinéma
  • Livres
  • Saveurs
  • Ici & Ailleurs
  • Musique
  • Arts
  • Dans le rétro
Reading: “Sukkwan Island”, “Sorda”, “Vivaldi et moi” en salle le 29 avril 2026
Partager
Aa
StimentoStimento
  • Tous les articles
  • La Une
  • Cinéma
  • Entretien
  • Livres
  • Ici & Ailleurs
  • Saveurs
  • Arts
  • Brèves
Search
Follow US
Made by ThemeRuby using the Foxiz theme. Powered by WordPress
Tous les articles > Cinéma > “Sukkwan Island”, “Sorda”, “Vivaldi et moi” en salle le 29 avril 2026
CinémaNews

“Sukkwan Island”, “Sorda”, “Vivaldi et moi” en salle le 29 avril 2026

Dernière modification le 03/07/2026 à 19:50
Par Vincent RAYMOND Publié le 02/05/2026
Partager
Temps de lecture : 11 min.
Un regard un peu froid, tout de même / Photo : © Haut et Court
Un regard un peu froid, tout de même / Photo : © Haut et Court

Cette semaine dans les salles, une virée glaciale sur une île sauvage, une mère malentendante et une musicienne orpheline. Entre autres…

Sommaire
Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay Sorda de Eva Libertad GarcíaVivaldi et moi de Damiano Michieletto

Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay 

Séparé de son épouse, Tom veut renouer avec Roy, son fils de treize ans qu’il ne voit guère. Pour ce faire, il lui propose une expérience insolite : partir une année sur une île isolée au bord du cercle polaire, dans une cabane. Une année de vie à la dure mais riche en aventures potentielles au contact d’une nature authentique. Mais après l’enthousiasme initial, la vie sur place se transforme en cauchemar…

Œuvre parmi les plus noires de la littérature noire américaine contemporaine, Sukkwan Island est donc devenue un film européen en relevant le défi osé d’une double transposition : à la fois du roman (dont il détourne allègrement certains axes de l’intrique comme le dénouement sans réellement trahir l’esprit du récit) et des circonstances de son écriture par🔗David Vann — écriture reposant sur un substrat autobiographique. Un parti pris hybride mais finalement opérant… et sans doute plus réaliste à financer dans le contexte actuel du cinéma, où les télédiffuseurs sont les payeurs. Qui oserait investir dans un survival à l’issue plus sombre qu’un hiver nord boréal — fût-il interprété par un Swann Arlaud en tête à tête avec de somptueux paysages ?

Le froid sans l’effroi

Si 🔗Vladimir de Fontenay a (partiellement) édulcoré le récit originel, c’est pour le transposer dans son propre univers, non moins exempt de tensions familiales. Moins extrême et sans doute plus optimiste que Vann, il ménage ici davantage d’échappatoires possibles pour les insulaires volontaires là où la littérature entraînait le lecteur dans une spirale sans fin. Cela étant dit, l’alternance des séquences de tension menaçante et des espoirs déçus crée aussi son petit effet lancinant sur les nerfs.

Voilà ce qu'il en coûte de lire Sylvain Tesson / Photo : © Haut et Court
Voilà ce qu’il en coûte de lire Sylvain Tesson / Photo : © Haut et Court

Pourtant, il manque quelque chose à cette aventure ; quelque chose qui serait la matérialisation d’une peur essentielle. Ce genre de terreur brute que l’on rencontre parfois chez Lynch et qui n’a rien à voir avec l’instantané de la surprise ni la mécanique de l’agacement progressif du suspense. Indicible et inexplicable, ce sentiment est capable de substituer en une fraction de seconde la majesté d’un paysage en une effroyable menace sans le moindre artifice. Si pour le spectateur l’éprouver est une hantise espérée, ne pas la subir s’avère un paradoxal regret.

Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay (Fr.-Nor.-Bel.-G.-B., 1h55) avec Swann Arlaud, Woddy Norman, Alma Pöysti, Ruaridh Mollica, Tuppence Middleton… Sortie le 29 avril 2026.

“La Salle des profs”, “14 jours pour aller mieux” en salle le 6 mars 2024
Trending
“La Salle des profs”, “14 jours pour aller mieux” en salle le 6 mars 2024

***

Sorda de Eva Libertad García

Angela et Hector forment un couple mixte : elle est sourde et lui, entendant, qui a appris à signer et s’est intégré dans le cercle d’amis de sa compagne. Lorsque celle-ci apprend qu’elle est enceinte, la joie laisse la place à une inquiétude : que se passera-t-il si l’enfant à naître est entendant ? Lorsque le diagnostic post-natal tombe enfin, le couple ignore qu’il s’apprête à vivre sa plus grave crise…

Sorda peut se voir comme un “film de famille”. Parce qu’il s’intéresse en premier lieu à une cellule père-mère-enfant, confrontée à ici des chamboulements faisant vaciller son socle, ainsi qu’à la communauté sourde et à sa culture puissante, dont nul ne peut contester qu’elle forme une famille sociétale. Sorda, long métrage est par ailleurs “l’héritier” 🔗d’un court métrage homonyme en posant les bases, co-signé par Eva Libertad García …qui se trouve être la sœur de l’interprète principale Miriam Garlo, elle-même sourde. Ce réseau de liens devant et derrière la caméra n’est pas anodin : il témoigne d’une insistance à porter à la connaissance d’un vaste public des situations ordinaires. 

Sons du silence

Trois films cohabitent en effet en Sorda, emboîtés chacun l’un dans l’autre comme des poupées russes. Le premier fixe le cadre général : celui d’une fiction mais à valeur hautement documentaire sur “le peuple sourd” comme dirait Nicolas Philibert. Il visibilise l’inclusion d’Angela dans la société, dans son couple mixte tout en montrant l’importance des liens communautaires entre sourds. C’est dans ce contexte qu’intervient le “drame”, la partie crise (à la limite du mélo) suivant les doutes et autres atermoiements d’Angela quant à sa capacité à devenir mère de “Eeps“ (ou “🔗Coda”). Spoiler : La Famille Bélier (2014) raconte très bien la suite de l’histoire. 

Cette partie s’avérant sans doute la plus tire-larmes (et bancale), on lui préfèrera la suivante, plus immersive puisque la réalisatrice met les spectateurs entendants dans une position auditive subjective, c’est-à-dire à la place d’Angela : bruits largement assourdis, basses fréquences… Le son se fait alors ressenti organique. Si l’on peut regretter que ce segment quasi expérimental si éloquent (sans mauvais jeu de mot) soit le plus court, il permet de montrer que la surdité n’équivaut pas, loin s’en faut, à un silence sensoriel. Et renvoie au travail accompli pour le film Sound of Music (2021) de Darius Marder. 

Par courtoisie, après un certain âge, on évite de poser le nombre de bougies ou d’indiquer le nombre d’années avec ses doigts / Photo : © Condor distribution

Un film à lire 

Saluons pour finir l’initiative du distributeur Condor, à la fois logique et courageuse, de proposer  systématiquement le film dans sa version avec sous-titres pour sourds et malentendants. Loin de perturber le regard — a fortiori parce qu’il s’agit d’un film étranger nécessitant des sous-titres — cette expérience permet aux spectateurs ne l’ayant jamais vécue auparavant de mesurer de visu l’hallucinante quantité d’informations sonores (hors dialogue) dont il est destinataire. Autant d’éléments in et hors champ participant du récit et dont ce sous-titrage aux couleurs codifiées matérialise l’importance dans la narration cinématographique… donc dans l’espace du réel. Cette projection sera sans doute pour beaucoup une révélation…

Sorda de Eva Libertad García (Esp. ; 1h39) avec Miriam Garlo, Álvaro Cervantes, Elena Irureta… Sortie le 29 avril 2026.

***

Vivaldi et moi de Damiano Michieletto

Venise, XVIIIe siècle. Réputé pour son ensemble musical d’orphelines se produisant cachées du public, l’Ospedale della Pietà vit des dons de ses riches protecteurs. Lorsqu’une autre institution commence à lui faire concurrence, la Pietà se résout à recruter comme maître de musique disponible à vil prix, Antonio Vivaldi. Son talent de compositeur conjugué à celui de Cecilia, une jeune violoniste virtuose, replace l’institution au cœur  de la vie vénitienne. Mais Cecilia est promise à un militaire en train de livrer bataille pour la Sérénissime…

Drôle d’expérience, pour qui a lu Le Grand Feu (2023) de la violoniste et romancière Léonor de Récondo, que de découvrir ce film. Car il y retrouvera une trame non seulement voisine — le destin d’une jeune pensionnaire de la Pietà virtuose, sa proximité avec le maestro Vivaldi, le cadre de la guerre avec les Ottomans… — mais aura la stupéfaction de découvrir au générique qu’il est adapté d’un autre roman, Stabat Mater signé par Tiziano Scarpa en… 2008. Des deux côtés des Alpes, les grands esprits mélomanes sont-ils appelés à se rencontrer au bord de la lagune ? Laissons aux exégètes de la littérature comparée — voire aux avocats ? — le soin d’arbitrer pour savoir qui a composé le récit le plus original à partir de faits historiques communs. L’essentiel, en l’occurrence, est ailleurs puisqu’il s’agit d’un film.

Sons des soupirs

On ne doutera pas de la dévotion de Damiano Michieletto pour son compatriote Vivaldi, ni de sa légitimité lorsqu’il s’agit de représenter la musique : l’homme compte parmi les plus estimés metteurs en scène contemporains pour l’art lyrique. Las ! Le réalisateur se garde bien de faire œuvre d’originalité pour ce premier long métrage, succombant aux pièges d’une reconstitution à la suresthétisation paresseuse (oh les beaux décors, les beaux costumes, le beau chiaroscuro qui fait peinture !) ne lésinant sur aucun poncif. Quintes de toux d’un Vivaldi au souffle court toujours à l’article de la mort, collection de notables tous plus avides, fourbes et pervers les uns que les autres, jeunes orphelines dignes des mélos les plus éventés… Ce qu’il consent au théâtre ou à l’opéra, le spectateur de cinéma l’accepte-t-il aussi facilement ? Rien n’est moins sûr.

Pas de quoi se gondoler / Photo : © Moana Films 2026
Pas de quoi se gondoler / Photo : © Moana Films 2026

Comble de malchance, le titre français oriente vers la fausse piste d’une relation exclusive, quelle qu’elle soit, entre le musicien et sa disciple quand le titre orignal Primavera renvoie à la seule séquence un tantinet éthérée du film — c’est-à-dire s’élevant de l’illustration scolaire. Elle montre en effet comment le compositeur a pu être inspiré par un univers bruitiste naturel pour composer son “standard” (des standards téléphoniques, diront les mauvaises langues)… le Printemps.

Vivaldi et moi (Primavera) de Damiano Michieletto (It.-Fr. ; 1h50) avec Tecla Insolia, Michele Riondino, Fabrizia Sacchi… Sortie le 29 avril 2026.

À lire également

Pauline à la page / Photo : ©2026 TRÉSOR FILMS - CHI-FOU-MI PRODUCTIONS - STUDIOCANAL - FRANCE 3 CINÉMA - ARTÉMIS PRODUCTIONS
“Garance”, “Les Éléphants dans la brume”, “Her Private Hell”, “Les Roches rouges” en salle le 23 septembre 2026
Ça commence par une prise de tête… / Photo : © Pan Cinéma - Artémis Productions - Les Productions du Ch'timi
“Si tu penses bien”, “Sham”, “Histoires de la nuit”, “L’Invitation”, “La Ligne bleue” en salle le 16 septembre 2026
Carrément à l'Ouest / Photo : © Arte France - Remerbers - Iliade & Films - Umedia
“La Vie d’une femme”, “Les Survivants du Che”, “Adieu monde cruel”, “Hair, Paper, Water” en salle le 9 septembre 2026
Marie-Christine Barrault et Charline Bourgeois-Tacquet : l'avis de deux femmes / Photo : © Vincent Raymond
Charline Bourgeois-Tacquet & Marie-Christine Barrault (“La Vie d’une femme”) : « On peut être heureuse sans avoir d’enfant » 
Tout allait bien entre eux, jusqu'à cette décision de crème dans la carbonara… / Photo : © Nour Films
“Trois adieux”, “La Frappe” en salle le 2 septembre 2026
Isabel Coixet à Avignon / Photo : © Vincent Raymond
Isabel Coixet (“Trois adieux”) : « Il y a beaucoup de choses dans le sac à dos d’une cinéaste » 

TAGGED: Alma Pöysti, Álvaro Cervantes, Coda, Critique, Damiano Michieletto, David Vann, Elena Irureta, Eva Libertad García, Fabrizia Sacchi, Léonor de Récondo, Michele Riondino, Miriam Garlo, Primavera, Ruaridh Mollica, Sorda, Sukkwan Island, Surdité, Swann Arlaud, Tecla Insolia, Tuppence Middleton, Venise, Vivaldi et moi, Vladimir de Fontenay, Woddy Norman
Vincent RAYMOND 03/07/2026 02/05/2026
Partager cet article
Facebook Twitter Whatsapp Whatsapp LinkedIn Email Copy Link Print

À LA UNE

Isabel Coixet à Avignon / Photo : © Vincent Raymond

Isabel Coixet (“Trois adieux”) : « Il y a beaucoup de choses dans le sac à dos d’une cinéaste » 

CinémaEntretienLa UneNews
03/09/2026
Ça commence par une prise de tête… / Photo : © Pan Cinéma - Artémis Productions - Les Productions du Ch'timi

“Si tu penses bien”, “Sham”, “Histoires de la nuit”, “L’Invitation”, “La Ligne bleue” en salle le 16 septembre 2026

Cette semaine, des pervers manipulateurs, des souvenirs douloureux et des voisins bizarres s’invitent sur les…

23/09/2026
Carrément à l'Ouest / Photo : © Arte France - Remerbers - Iliade & Films - Umedia

“La Vie d’une femme”, “Les Survivants du Che”, “Adieu monde cruel”, “Hair, Paper, Water” en salle le 9 septembre 2026

Une femme libre, des révolutionnaires, un fugueur et une grand-mère se promènent sur les écrans…

23/09/2026
Marie-Christine Barrault et Charline Bourgeois-Tacquet : l'avis de deux femmes / Photo : © Vincent Raymond

Charline Bourgeois-Tacquet & Marie-Christine Barrault (“La Vie d’une femme”) : « On peut être heureuse sans avoir d’enfant » 

Après “Les Amours d’Anaïs”, Charline Bourgeois-Tacquet signe un nouveau portrait de femme contemporaine à la…

08/09/2026

VOUS AIMEREZ AUSSI

“Garance”, “Les Éléphants dans la brume”, “Her Private Hell”, “Les Roches rouges” en salle le 23 septembre 2026

Cette semaine, des actrices en crise, des mises au ban et des rivalités à tous les âges se frôlent sur…

CinémaLa UneNews
26/09/2026

“Si tu penses bien”, “Sham”, “Histoires de la nuit”, “L’Invitation”, “La Ligne bleue” en salle le 16 septembre 2026

Cette semaine, des pervers manipulateurs, des souvenirs douloureux et des voisins bizarres s’invitent sur les écrans. Entre autres… Si tu…

CinémaLa UneNews
23/09/2026

“La Vie d’une femme”, “Les Survivants du Che”, “Adieu monde cruel”, “Hair, Paper, Water” en salle le 9 septembre 2026

Une femme libre, des révolutionnaires, un fugueur et une grand-mère se promènent sur les écrans cette semaine. Entre autres… La…

CinémaLa UneNews
23/09/2026

Charline Bourgeois-Tacquet & Marie-Christine Barrault (“La Vie d’une femme”) : « On peut être heureuse sans avoir d’enfant » 

Après “Les Amours d’Anaïs”, Charline Bourgeois-Tacquet signe un nouveau portrait de femme contemporaine à la croisée des chemins. Rencontre avec…

CinémaEntretienLa UneNews
08/09/2026
logo_stimento_signature_blanc

Stimento culture & art de vivre, autrement. Pourquoi ? Parce que s’il traite de l’actualité culturelle la plus large et généreuse, s’il aborde la gastronomie, le design, le patrimoine, le tourisme et le shopping, Stimento s’intéresse également à toutes les questions citoyennes et solidaires d’avenir.

  • Contact
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • À propos de nous

Nous suivre : 

STIMENTO

culture & art de vivre, autrement

Stimento
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Welcome Back!

Sign in to your account

Lost your password?