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	<title>Archives des Indivision - Stimento</title>
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	<description>Culture &#38; art de vivre, autrement</description>
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	<title>Archives des Indivision - Stimento</title>
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	<item>
		<title>“Notre monde”, “Le Déserteur”, “Indivision”, “Le Mangeur d’âmes”, “N’avoue jamais”, “Frères” en salle le 24 avril 2024</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vincent RAYMOND]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2024 18:27:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cinéma cette semaine montre une jeunesse meurtrie au Kosovo, en Israël, au Maroc, dans les Vosges. Et même une vieillesse ronchonne dans le sud de la France. Entre autres… Notre monde&#160;de&#160;Luàna Bajrami 2007. À l’étroit dans leur village du Kosovo, Zoe et Volta s’enfuient pour étudier à l’université de Pristina. Pour ces deux cousines [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.stimento.fr/2024/04/24/notre-monde-le-deserteur-indivision-le-mangeur-dames-navoue-jamais-freres/">“Notre monde”, “Le Déserteur”, “Indivision”, “Le Mangeur d’âmes”, “N’avoue jamais”, “Frères” en salle le 24 avril 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.stimento.fr">Stimento</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Le cinéma cette semaine montre une jeunesse meurtrie au Kosovo, en Israël, au Maroc, dans les Vosges. Et même une vieillesse ronchonne dans le sud de la France. Entre autres…</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><em>Notre monde</em>&nbsp;de&nbsp;</mark></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><strong>Luàna Bajrami</strong></mark></h2>



<p class="wp-block-paragraph">2007. À l’étroit dans leur village du Kosovo, Zoe et Volta s’enfuient pour étudier à l’université de Pristina. Pour ces deux cousines élevées comme des sœurs depuis la mort du père de l’une durant la guerre, le choc et les déconvenues vont se succéder dans cette capitale en pleine reconfiguration, et qui ne sait que faire de sa jeunesse…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS.jpeg?resize=1024%2C576&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4361" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS-scaled.jpeg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS-scaled.jpeg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS-scaled.jpeg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS-scaled.jpeg?resize=1536%2C864&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS-scaled.jpeg?resize=2048%2C1152&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS-scaled.jpeg?resize=860%2C484&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_04_10_1712757968_2_NOTRE-MONDE-Visuel-6-c-2024-OREZANE-FILMS-QUAD-TEN-GAUMONT-ORPHEE-FILMS-scaled.jpeg?w=2340&amp;ssl=1 2340w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Si jeunes et déjà AG…© 2024 OREZANE FILMS &#8211; QUAD-TEN &#8211; GAUMONT &#8211; ORPHÉE FILMS</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">2007. À l’étroit dans leur village du Kosovo, Zoe et Volta s’enfuient pour étudier à l’université de Pristina. Pour ces deux cousines élevées comme des sœurs depuis la mort du père de l’une durant la guerre, le choc et les déconvenues vont se succéder dans cette capitale en pleine reconfiguration, et qui ne sait que faire de sa jeunesse…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un titre en phase avec l’ambition de ses personnages — et sans doute celui (légitime) de sa jeune interprète-réalisatrice, le premier long métrage de <a href="https://www.stimento.fr/2024/04/20/luana-bajrami-notre-monde-javais-le-desir-de-mener-une-reflexion-autour-de-la-jeunesse/">Luàna Bajrami</a>, <em><strong>La Colline où rugissent les lionnes</strong></em><strong><em> </em></strong>avait connu une existence un peu trop discrète dans les salles. S’il n’en est pas la suite, ni la préquelle et encore moins le remake, <em><strong>Notre monde</strong></em> permettra cependant aux spectateurs d’avoir une petite idée de ce qu’ils avaient manqué puisqu’il débute peu ou prou dans le même contexte géographique et avec des héroïnes similaires, aspirant à s’affranchir de leur village. Mais, comme une variation sur ce thème initial, Luàna Bajrami épouse ensuite une direction différente en les plongeant dans un roman d’apprentissage urbain édifiant.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Autre monde</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">S’il n’est guère étonnant que la cinéaste s’empare d’une partie des souvenirs des siens à travers ce film, et nourrisse dès les première minutes le récit grâce à des images d’archives condensant sans nul doute les souvenirs de nombreuses familles de l’ex-Yougoslavie, on ne peut que s’incliner devant la maturité de sa démarche, dépassant de loin la catharsis individuelle. Certes, elle a l’âge de ses héroïnes et partage sans doute nombre de leurs préoccupations, mais n’est en rien contemporaine de leurs difficultés dans un pays ravagé par une guerre fratricide, rongé par les pénuries et les carences, où le désespoir s’impose comme horizon à la jeunesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hautement documenté, <em><strong>Notre monde</strong></em> est ainsi (et surtout) le portrait d’une génération confrontée au deuil précoce de ses appétits légitimes. Un portrait de groupe où les individualités s’épanouissent et apprennent à graviter dans d’autres sphères, qu’elle soient intimes ou collectives. Vingt ans à peine après les faits qu’elle n’a pas directement vécus, Luàna Bajrami livre un regard étonnamment intérieur et lucide sur ce Kosovo en jachère, ce mixte saisissant d’orient et d’occident ici dépeint sans folklorisme. Et avec sincérité, surtout.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="NOTRE MONDE - Bande-annonce [Le 24 avril au cinéma]" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/7T39bim_KjI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="752" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_03_07_1709820956_0_NOTRE_MONDE_AFFICHE-1.jpg?resize=752%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4359 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_03_07_1709820956_0_NOTRE_MONDE_AFFICHE-1.jpg?resize=752%2C1024&amp;ssl=1 752w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_03_07_1709820956_0_NOTRE_MONDE_AFFICHE-1.jpg?resize=220%2C300&amp;ssl=1 220w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_03_07_1709820956_0_NOTRE_MONDE_AFFICHE-1.jpg?resize=768%2C1046&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_03_07_1709820956_0_NOTRE_MONDE_AFFICHE-1.jpg?resize=860%2C1172&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/24_03_07_1709820956_0_NOTRE_MONDE_AFFICHE-1.jpg?w=1096&amp;ssl=1 1096w" sizes="(max-width: 752px) 100vw, 752px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Notre monde</em>&nbsp;de&nbsp;Luàna Bajrami (Kos.-Fr., 1h25) avec&nbsp;Albina Krasniqi,&nbsp;Elsa Mala,&nbsp;Don Shala… en salle le 24 avril 2024.</strong></p>
</div></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>*</strong><strong><sup>*</sup></strong><strong>*</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><em>Le </em></mark></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><em>Déserteur</em></mark><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"> de Dani Rosenberg</mark></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Oublié sur le champ de bataille par son groupe lors d’une opération, Shlomi, un soldat israélien apeuré s’enfuit précipitamment de la zone de combat et rentre au bercail. Alors qu’il prétexte auprès des siens une permission, l’armée le considère comme ayant été enlevé, voire mort au combat. Il lui faut alors repartir sur le front pour tenter de normaliser sa situation sans être découvert…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="430" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/1-le-deserteur-c-dulac-distribution-65d8b2e71380e.jpg?resize=1024%2C430&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4363" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/1-le-deserteur-c-dulac-distribution-65d8b2e71380e.jpg?resize=1024%2C430&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/1-le-deserteur-c-dulac-distribution-65d8b2e71380e.jpg?resize=300%2C126&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/1-le-deserteur-c-dulac-distribution-65d8b2e71380e.jpg?resize=768%2C322&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/1-le-deserteur-c-dulac-distribution-65d8b2e71380e.jpg?resize=1536%2C645&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/1-le-deserteur-c-dulac-distribution-65d8b2e71380e.jpg?resize=860%2C361&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/1-le-deserteur-c-dulac-distribution-65d8b2e71380e.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>Soldat sans joie, va, déguerpis</strong> ; ta troupe t&rsquo;a faussé compagnie… ©Dulac Distribution</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Si la sortie de ce film, alors que la tension au Proche-Orient est au plus fort depuis des années, pourrait se voir comme un signe du destin pour les superstitieux, cette terrible synchronicité a au moins le mérite de situer les choses dans le concret du quotidien, transmutant ce qui pourrait être une fiction en histoire contemporaine réaliste. Et au-delà, en une fable universelle, énième plaidoyer anti-militariste/pacifiste.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Seul au monde</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À ce titre, il faut saluer le courage de Dani Rosenberg — un nouveau Nadav Lapid ? — d’épouser le regard sans doute minoritaire dans son pays d’un “soldat oublié“, livré à sa panique et poussé par l’instinct de survie à quitter l’absurdité d’un champ de bataille de laquelle il se sent étranger. Car pour quoi, pour qui se bat-il ? Son “devoir“ ? Pour faire comme parents (qui ne savent pas s’il le faut le couvrir ou le dénoncer ? Comme sa grand-mère (dont la mémoire s’efface) ? Pour son peuple (et les civils qui ne s’émeuvent plus de alertes aériennes ni de voir déambuler des bidasses à la plage lestés d’armes lourdes) ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">La banalisation de l’état de guerre, dans les faits comme dans l’esprit, est ici rendue palpable. Et c’est sans doute plus effrayant que le cauchemar de Shlomi ou le final, faux happy end. Lequel offre, d’un point de vue purement cinématographique, un écho estomaquant à l’ouverture haletante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ressemblant à bien des égards au<strong><em> </em></strong><em><strong>Feu follet </strong></em>de Malle — et donc au protagoniste de<strong><em> </em></strong><em><strong>Oslo, 31 août</strong></em><strong> </strong>de Trier — ; à la fois invisible et surmédiatisé à son corps défendant, jamais au bon endroit, contraint à des mouvements absurdes, Shlomi devient un symbole. Celui d’une génération désireuse de s’affranchir de l’héritage empoisonné de décennies — de siècles — de conflits pour écrire par elle-même sa destinée. «&nbsp;<em>Quelle connerie la guerre&nbsp;</em>», écrivait jadis Prévert dans <em>Barbara ; </em>«<em>&nbsp;je ne veux pas la faire</em>&nbsp;» ajoutait Vian dans <em><strong>Le Déserteur</strong></em>. Bientôt un siècle, et rien n’a changé…</p>



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<iframe loading="lazy" title="Le Déserteur de Dani Rosenberg - Bande-annonce" src="https://player.vimeo.com/video/914428511?dnt=1&amp;app_id=122963" width="1170" height="658" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write"></iframe>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="754" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939.jpeg?resize=754%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4362 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?resize=754%2C1024&amp;ssl=1 754w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?resize=768%2C1043&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?resize=1131%2C1536&amp;ssl=1 1131w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?resize=1508%2C2048&amp;ssl=1 1508w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?resize=860%2C1168&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?resize=1536%2C2086&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/ledeserteur-120-hd-660bdb3b85939-scaled.jpeg?w=1885&amp;ssl=1 1885w" sizes="auto, (max-width: 754px) 100vw, 754px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Le </em></strong><em>Déserteur</em><strong> de Dani Rosenberg (Isr., 1h38) avec Ido Tako, Mika Reiss, Efrat-Ben Tzur…&nbsp;en salle le 24 avril 2024.</strong></p>
</div></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>*</strong><strong><sup>*</sup></strong><strong>*</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><em>Indivision</em> de Leïla Kilani</mark></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous la coup d’une matriarche surnommée La Générale, une famille marocaine s’apprête à vendre son immense propriété à un promoteur. Mais il faut l’unanimité que son fils Anis refuse : celui-ci préfèrerait voir lieux sanctuarisés pour les oiseaux. Pendant que la famille se déchire, Lina, la fille muette d’Anis filme embrouilles et manigances qu’elle diffuse en direct sur les réseaux sociaux…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Indivision%C2%A9DKB-production-1.jpeg?resize=1024%2C576&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4366" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Indivision%C2%A9DKB-production-1.jpeg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Indivision%C2%A9DKB-production-1.jpeg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Indivision%C2%A9DKB-production-1.jpeg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Indivision%C2%A9DKB-production-1.jpeg?resize=1536%2C864&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Indivision%C2%A9DKB-production-1.jpeg?resize=860%2C484&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Indivision%C2%A9DKB-production-1.jpeg?w=1600&amp;ssl=1 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">« Pendant que les champs brûlent/J&rsquo;attends que mes larmes viennent » (Niagara) ©DKB productions</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De prime abord, c’est la proposition plastique d’<em><strong>Indivision</strong></em> qui frappe l’œil : écrans saturés de compteurs et d’icônes renvoyant aux réseaux sociaux — le “canal” entre l’insularité du cercle familial et le monde extérieur dont use Lina, agissant comme une cinquième colonne — ; compositions à la limite de l’abstraction montrant le ciel zébré d’oiseaux ou la nuit embrasée… On comprend vite que ces artefacts de modernité, masquent tels des paravents une réalité beaucoup plus simple. L’intrigue reprend en effet un canevas digne d’une tragédie antique, avec ce qu’il faut de trahisons, de deuils et de punitions. Le tout sous le battement d’ailes des volatiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.stimento.fr/2024/04/21/leila-kilani-indivision-ce-nest-pas-parce-que-quelquun-ne-parle-pas-quil-na-pas-de-mots-a-linterieur/">Leïla Kilani </a>avait déjà suscité la curiosité avec <em><strong>Sur la planche</strong></em> (2012), un portrait d’une jeunesse ambitieuse tangéroise frayant avec l’illégalité. Elle continue d’intriguer ici avec cette fresque en condensé d’une famille vouée à être dévorée par ses propres démons. Une famille profondément matérialiste qui n’hésite pas à sacrifier au nom du lucre les habitants du bidonville installés depuis des lustres sur ses terres, et ne manifeste aucun affect pour la valeur des souvenirs, de la poésie, ni de la beauté… Ironiquement, c’est par l’immatérialité du <em>streaming</em> et grâce à l’idéalisme du fils ornithologue qu’elle sera vaincue. Shakespeare disait bien que l’on était de l’étoffe dont nos rêves sont faits…</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="INDIVISION - Bande annonce du film de Leila KILANI" src="https://player.vimeo.com/video/875589429?dnt=1&amp;app_id=122963" width="1170" height="658" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write"></iframe>
</div></figure>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="726" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-indivision-light-1.jpg?resize=726%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4419 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-indivision-light-1.jpg?resize=726%2C1024&amp;ssl=1 726w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-indivision-light-1.jpg?resize=213%2C300&amp;ssl=1 213w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-indivision-light-1.jpg?resize=768%2C1083&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-indivision-light-1.jpg?resize=1089%2C1536&amp;ssl=1 1089w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-indivision-light-1.jpg?resize=860%2C1213&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-indivision-light-1.jpg?w=1098&amp;ssl=1 1098w" sizes="auto, (max-width: 726px) 100vw, 726px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Indivision</em> de Leïla Kilani (Mar.-Fr., 2h07) avec Ifham Mathet, Mustafa Shimdat, Bahia Boutia El Oumani…&nbsp;en salle le 24 avril 2024.</strong></p>
</div></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>*</strong><strong><sup>*</sup></strong><strong>*</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><em>Le Mangeur d’âmes </em>de Julien Maury &amp; Alexandre Bustillo</mark></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une petite ville du fin fond des Vosges, une scène de crime particulièrement sordide — un couple qui s’est entretué jusqu’à l’extase — réunit une policière et un gendarme. Tous deux lestés de secrets intimes, les enquêteurs conviennent après une approche rugueuse de faire équipe pour tenter de mettre la main sur l’incarnation du croque-mitaine local, le mangeur d’âmes…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="430" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LMA016-1.jpeg?resize=1024%2C430&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4370" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LMA016-1.jpeg?resize=1024%2C430&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LMA016-1.jpeg?resize=300%2C126&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LMA016-1.jpeg?resize=768%2C323&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LMA016-1.jpeg?resize=1536%2C646&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LMA016-1.jpeg?resize=860%2C362&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LMA016-1.jpeg?w=1915&amp;ssl=1 1915w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Cauchemar en cuisine ©Star Invest Films France</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les rares artisans français à œuvre “avec amour et acharnement” dans le registre du cinéma d’épouvante ou du gore, le duo Maury/Bustillo ne pouvait que rencontrer l’univers d’Alexis Laipsker —&nbsp;la version auteur de ce multi-casquette davantage connu des amateurs de poker. Entre leurs mains,&nbsp; <em><strong>Le Mangeur d’âmes</strong></em> devient un thriller d’ambiance (le décor des Vosges y contribue au plus haut point), rehaussé de quelques séquences visuellement adroites : le double homicide réciproque des parents est ainsi un monument de boucherie chorégraphique. Mais la forme habile ne suffit pas à compenser une intrigue un brin rudimentaire, où le doute ne pèse guère longtemps sur l’identité du coupable. Et malgré les ambiguïtés intéressantes portées par les comédiens, on reste globalement sur sa faim.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Film Annonce LE MANGEUR D&#039;ÂMES (Virginie Ledoyen/Paul Hamy/Sandrine Bonnaire)" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/rXKD2HQ80Ag?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="752" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=752%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4369 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=752%2C1024&amp;ssl=1 752w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=220%2C300&amp;ssl=1 220w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=768%2C1046&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=1128%2C1536&amp;ssl=1 1128w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=1504%2C2048&amp;ssl=1 1504w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=860%2C1171&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?resize=1536%2C2092&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/LE-MANGEUR-DAMES-120x160-BD.jpeg?w=1827&amp;ssl=1 1827w" sizes="auto, (max-width: 752px) 100vw, 752px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mangeur d’âmes </em>de Julien Maury &amp; Alexandre Bustillo (Fr., int.-12 ans avec avert., 1h50) avec Virginie Ledoyen, Paul Hamy, Sandrine Bonnaire…&nbsp;en salle le 24 avril 2024.</strong></p>
</div></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>*</strong><strong><sup>*</sup></strong><strong>*</strong></p>


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			<img loading="lazy" decoding="async" width="330" height="220" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2026/09/photo_07_adieumondecruel__arte_france_remembers_iliade_et_films_umedia.png?resize=330%2C220&amp;ssl=1" class="featured-img wp-post-image" alt="Carrément à l&#039;Ouest / Photo : © Arte France - Remerbers - Iliade &amp; Films - Umedia" loading="lazy" />        </a>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><em>N’avoue jamais </em>de Ivan Calbérac</mark></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rangeant son grenier, un général en retraite ronchon découvre des missives compromettantes adressées à son épouse quarante ans plus tôt. Abasourdi, il embarque avec sa moitié adultère (minorant les faits) afin de se venger de son ex-rival, semant au passage le trouble dans la vie de ses enfants. Mais si le général vire ganache, l’amant a encore de beaux restes…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAJ_07.jpg?resize=1024%2C429&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4376" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAJ_07.jpg?resize=1024%2C429&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAJ_07.jpg?resize=300%2C126&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAJ_07.jpg?resize=768%2C322&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAJ_07.jpg?resize=1536%2C644&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAJ_07.jpg?resize=860%2C360&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAJ_07.jpg?w=2048&amp;ssl=1 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Domicile conjugal ©Wild Bunch Distribution</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Auteur à succès et fécond, <a href="https://www.stimento.fr/2024/04/22/ivan-calberac-navoue-jamais-dussollier-azema-et-lhermitte-cest-des-machines-de-guerre-en-comedie/">Ivan Calberac</a> semble avoir accéléré son rythme de production…&nbsp; mais pas changé ses habitudes dans la composition de ses distributions, volontiers peuplées de têtes d’affiche, ni abandonné son sujet de prédilection : la famille. S’inscrivant dans le registre de la “comédie de remariage“&nbsp; (à la française) où les époux chamailleurs seraient incarnés par un duo de légende — Azéma-Dussollier, c’est un bon demi-siècle de 7<sup>e</sup> Art et des palpitations garanties pour les <em>aficionados</em> de Resnais —, Calberac joue sur du velours. L’ajout de Lhermitte est également à inscrire dans la colonne des bonnes inspirations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, si l’auteur fait preuve d’un indubitable métier dans la mécanique de la comédie et exprime des préoccupations plus grave et profondes au détour de la conversation, il abandonne ses intentions au vestiaire (la question des maltraitances enfantines, du déni, de la solitude de l’amant…) ou les martèle avec une insistance désuète de boulevardier (le <em>coming out</em> de la fille). Dommage qu’il ne prenne pas davantage de temps pour manier l’allusif — un film de cette nature se prête ô combien à la lecture entre les lignes — ; il préfère visiblement se consacrer à une forme d’efficacité. Pourtant, les deux ne sont pas incompatible. Mieux : ils se marient bien ensemble, donnant naissance au relief et à la profondeur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="N&#039;AVOUE JAMAIS - Bande-annonce" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/4sbPugLsoBk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="752" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3.jpeg?resize=752%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4374 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?resize=752%2C1024&amp;ssl=1 752w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?resize=220%2C300&amp;ssl=1 220w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?resize=768%2C1046&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?resize=1128%2C1536&amp;ssl=1 1128w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?resize=1504%2C2048&amp;ssl=1 1504w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?resize=860%2C1171&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?resize=1536%2C2092&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/NAVOUE-JAMAIS-_AFFICHE_DEF-3-scaled.jpeg?w=1880&amp;ssl=1 1880w" sizes="auto, (max-width: 752px) 100vw, 752px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>N’avoue jamais </em>de Ivan Calbérac (Fr., 1h34) avec André Dussollier, Sabine Azéma, Thierry Lhermitte…&nbsp;en salle le 24 avril 2024.</strong></p>
</div></div>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>*</strong><strong><sup>*</sup></strong><strong>*</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><em>Frères</em> de Olivier Casas</mark></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quand Michel, brillant architecte en pleine charrette, apprend que son frère Patrice, directeur de clinique, a brutalement pris la poudre d’escampette, l’instinct le pousse à tout quitter afin de tenter de le retrouver au fin fond du Canada. Tous deux sont en effet indissolublement liés par une enfance dramatique : rejetés par leur mère pendant la guerre, ils ont survécu en autarcie pendant sept ans dans une forêt à l’âge où d’autres jouent aux billes…&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Freres-6-%C2%A9-2024-ADNP-Traveling-Angel-Films-Zinc.jpeg?resize=1024%2C576&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4378" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Freres-6-%C2%A9-2024-ADNP-Traveling-Angel-Films-Zinc.jpeg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Freres-6-%C2%A9-2024-ADNP-Traveling-Angel-Films-Zinc.jpeg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Freres-6-%C2%A9-2024-ADNP-Traveling-Angel-Films-Zinc.jpeg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Freres-6-%C2%A9-2024-ADNP-Traveling-Angel-Films-Zinc.jpeg?resize=1536%2C864&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Freres-6-%C2%A9-2024-ADNP-Traveling-Angel-Films-Zinc.jpeg?resize=860%2C484&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Freres-6-%C2%A9-2024-ADNP-Traveling-Angel-Films-Zinc.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">On peut parler d&rsquo;échecs ?© 2024 ADNP Traveling Angel Films Zinc</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on admet que le cinéma est l’art de la convention, du pacte tacite entre le spectateur et le narrateur, on peut tenir pour crédible — au moins le temps du film — le fait que deux enfants à peine en âge d’entrer à l’école primaire aient pu survivre sept années en forêt dans une quasi-autarcie. Cela pourrait être l’objet d’une fiction, d’une “belle histoire de résilience“ un peu tire-larmes, en postulant que les gamins s’en sortent sans dommage. Le problème ici est que ce conte est torpillé par le drame ultérieur : la tentative de Michel de sauver Patrice de sa dépression suicidaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non seulement les deux “films” d’<a href="https://www.stimento.fr/2024/04/24/olivier-casas-freres-on-a-une-conscience-de-lenfance-qui-a-heureusement-beaucoup-evolue/">Olivier Casas</a> se mélangent mal (il eût été préférable de traiter l’un ou l’autre, mais pas les deux en même temps dans cette alternance pompière), mais que le “second” fait tellement peu de cas de vraisemblance chronologique — il est sensé de dérouler dans les années 1990 mais semble être contemporain — qu’il amène à faire s’interroger sur l’authenticité globale de ce qu’on nous montre et raconte. On en sort avec du doute, plus que de l’émotion. Au moins un peu de lumière a-t-elle été braquée sur la situation (voire l’existence)&nbsp; des enfants abandonnés durant la guerre.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Frères / Bande-annonce (Yvan Attal, Mathieu Kassovitz)" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/X_zZSml0ZNE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="754" height="1024" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=754%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4375 size-full" srcset="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=754%2C1024&amp;ssl=1 754w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=768%2C1044&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=1130%2C1536&amp;ssl=1 1130w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=1507%2C2048&amp;ssl=1 1507w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=860%2C1169&amp;ssl=1 860w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?resize=1536%2C2087&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/Affiche-FRERES_120x160-scaled-1-1-1.jpeg?w=1884&amp;ssl=1 1884w" sizes="auto, (max-width: 754px) 100vw, 754px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Frères</em> de Olivier Casas (Fr., 1h46) avec Mathieu Kassovitz, Yvan Attal, Alma Jodorowsky…&nbsp;en salle le 24 avril 2024.</strong></p>
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<p>L’article <a href="https://www.stimento.fr/2024/04/24/notre-monde-le-deserteur-indivision-le-mangeur-dames-navoue-jamais-freres/">“Notre monde”, “Le Déserteur”, “Indivision”, “Le Mangeur d’âmes”, “N’avoue jamais”, “Frères” en salle le 24 avril 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.stimento.fr">Stimento</a>.</p>
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		<title>Leïla Kilani (“Indivision”) : « Ce n&#8217;est pas parce que quelqu&#8217;un ne parle pas qu&#8217;il n’a pas de mots à l&#8217;intérieur »</title>
		<link>https://www.stimento.fr/2024/04/21/leila-kilani-indivision-ce-nest-pas-parce-que-quelquun-ne-parle-pas-quil-na-pas-de-mots-a-linterieur/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=leila-kilani-indivision-ce-nest-pas-parce-que-quelquun-ne-parle-pas-quil-na-pas-de-mots-a-linterieur</link>
					<comments>https://www.stimento.fr/2024/04/21/leila-kilani-indivision-ce-nest-pas-parce-que-quelquun-ne-parle-pas-quil-na-pas-de-mots-a-linterieur/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vincent RAYMOND]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Apr 2024 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Bahia Boutia El Oumani]]></category>
		<category><![CDATA[Birdland]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Barrault]]></category>
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		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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		<category><![CDATA[Rencontres de Gérardmer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les héritiers d’une vaste propriété marocaine se déchirent : si la plupart veulent céder à un promoteur, le fils et la petite-fille aspirent à transformer le domaine en sanctuaire pour oiseaux. Histoire d’avidité et de manigances vue à travers les yeux d’une préado muette et accro aux réseaux sociaux, Indivision est un conte contemporain signé [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.stimento.fr/2024/04/21/leila-kilani-indivision-ce-nest-pas-parce-que-quelquun-ne-parle-pas-quil-na-pas-de-mots-a-linterieur/">Leïla Kilani (“Indivision”) : « Ce n&rsquo;est pas parce que quelqu&rsquo;un ne parle pas qu&rsquo;il n’a pas de mots à l&rsquo;intérieur »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.stimento.fr">Stimento</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les héritiers d’une vaste propriété marocaine se déchirent : si la plupart veulent céder à un promoteur, le fils et la petite-fille aspirent à transformer le domaine en sanctuaire pour oiseaux. Histoire d’avidité et de manigances vue à travers les yeux d’une préado muette et accro aux réseaux sociaux, <em>Indivision</em> est un conte contemporain signé Leïla Kilani. Conversation dans le cadre des Rencontres de Gérardmer.</strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La trame d’<em>Indivision</em> s’inspire-t-elle d’une histoire familiale ou qui vous est proche ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Leïla Kilani</strong> : Je crois que les histoires d&rsquo;héritage sont certainement les névroses qu&rsquo;on partage le plus, quels que soient les coins du monde. C&rsquo;est une histoire qui passe à Tanger, mais ce n’est pas une auto-fiction, il n&rsquo;y a rien de biographique ; et puis ça ne m&rsquo;intéressait pas vraiment en fait de travailler une espèce de restitution. Mais je me reconnais dans chacun des personnages : autant dans la petite fille que dans le père — beaucoup — et puis aussi dans la bonne.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Vous parlez de l&rsquo;inscription tangéroise. Mais on n’a pas franchement de repère géographique permettant de situer l’action, d’autant que l’on baigne dans le mélange de langues parlées par les personnages : le français, l&rsquo;arabe, l’espagnol…</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à double tranchant. Ces endroits de frontière, qui racontent le monde, m’émeuvent beaucoup. Il y a une forme d&rsquo;insularité où l’on se prend le monde comme ça&#8230; C’est des endroits qui sont en confrontation, où il y a eu beaucoup de circulation, de conflits…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j&rsquo;étais en Argentine ou à Macao, le mélange des langues était le même. Dans tous ces endroits, il y a une espèce d&rsquo;espéranto joyeux. J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;entendre une espèce de langue “babellique”, comme s&rsquo;il y avait une langue universelle. Je me dis que l&rsquo;espéranto a foiré, mais un jour ou l&rsquo;autre, il va y avoir une langue au-dessus, très créole. Je ne le parle pas le créole, mais quand je l’entends, ça provoque chez moi une vraie émotion. Parce qu&rsquo;on sent à la fois l&rsquo;Histoire, la violence, l’impossible séparation… Ça a toujours des rythmes invraisemblables et une telle musique — ça a donné le jazz. Tous les créoles, toutes les langues métissées provoquent chez moi physiquement une adhésion. Et puis aussi, intellectuellement, j&rsquo;aime ce que ça raconte.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Ces langues véhiculaires sont comme les oiseaux de passage entre différents continents. Vous avez choisi avec la petite Lina une héroïne muette qui, cependant, “parle” beaucoup par l’écrit… mais aussi par la <em>voix off.</em> D’ailleurs, est-ce bien la voix de la jeune comédienne que l’on entend ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Non, ce n’est pas sa voix. La comédienne n&rsquo;est vraiment pas quelqu&rsquo;un qui est dans la parole ; et quand elle parle, on a l&rsquo;impression qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas synchrone avec elle-même. C’était assez excitant d&rsquo;inventer une figure adolescente qui investisse quelque chose d’assez cliché et d’académique (le mutisme et une forme de comportement autistique) et de me dire qu&rsquo;il y avait autre chose à écrire, d&rsquo;un peu moins convenu et complaisant qu&rsquo;une mise en scène mutique sur une ado mutique — ce qui est quand même une posture assez surplongeante.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas parce que quelqu&rsquo;un ne parle pas qu&rsquo;il n’a pas de mots à l&rsquo;intérieur. Je l’ai vérifié par une documentation assez sérieuse et par des entretiens avec des filles : il y a des comportements autistiques où il y a des océans à l’intérieur. Un phénomène m&rsquo;a aussi intéressée : celui les adolescentes qui se tarissent, qui n&rsquo;arrivent plus à parler, sans qu’on sache si c’est à la suite d’un traumatisme brutal. En Allemagne, il y a eu une fille complètement chavirée, en larmes qui disait que c&rsquo;était le plus beau film sur l’autisme —&nbsp;elle avait un frère autiste.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Lors de la séance publique aux Rencontres de Gérardmer, vous avez raconté que d’autres spectateurs avaient effectué une lecture écologiste de votre film. Il y a beaucoup d’entrées et projections personnelles différentes permises par <em>Indivision</em>…</strong>&nbsp;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’exprime beaucoup en termes de mise en scène, et je fais une confiance absolue au spectateur ;&nbsp; j&rsquo;essaie de lui offrir des espaces entre les plans pour qu&rsquo;il puisse, lui, s&rsquo;inventer son film dans son espace de projection.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Transmission d’héritage impossible, <em>Indivision</em> raconte aussi la fin d’un monde…</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Alors la fin d&rsquo;un monde, mais pas son apocalypse. Lina le dit : «&nbsp;<em>Tous les super-héros ne sont pas en slip&nbsp;</em>» ; «&nbsp;<em>le monde est neuf</em>&nbsp;» ; «<em>&nbsp;la métamorphose&nbsp;</em>»… C&rsquo;est la fin d&rsquo;un monde et puis la promesse d&rsquo;une possibilité. L&rsquo;apocalypse intervient quand même à la 23<sup>e</sup> minute, assez tôt. La guerre intervient pour qu&rsquo;on puisse justement espérer bricoler autre chose.</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Un traître n’est pas un tricheur, mais celui qui réussit à accepter la violence d&rsquo;être seul. </p><cite><strong>Leïla Kilani</strong></cite></blockquote></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Vous dépeignez un antagonisme clair autour d’une terre entre des pragmatiques et des idéalistes…</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que c&rsquo;est le mouvement <em>versus</em> la stabilité. Le mouvement, c&rsquo;est un peu les “chtarbés”, les fous, les traîtres à leur condition, forcément désynchronisés à leur appartenance. Le père est un traître à sa famille, à son nom : il est considéré comme fou. La petite-fille trahit de manière complètement barbare son clan ; la domestique est aussi une traître à sa condition, à son genre… C’est des traîtres, mais au sens noble. En exégèse de mon scénario, il y avait cette phrase :&nbsp;«<em>&nbsp;être traître à son clan, à son genre, à sa famille, c&rsquo;est être traître aux lignes fixes&nbsp;</em>». Un traître n’est pas un tricheur, mais celui qui réussit à accepter la violence d&rsquo;être seul. C’est les désaxés contre les forces stables.</p>


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<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Indivision</em> tient du conte oriental moderne. Mais il en incorpore aussi un plus ancien et traditionnel, le contre du Roi Simorgh des oiseaux. Aviez-vous dans l’idée de rappeler qu’au cœur de tout récit d’aujourd’hui, il reste une place pour le conte classique ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ah oui, ça me paraît certain ! Les contes prennent en charge la peur enfantine. C’est tellement enchâssé en nous qu’il est impossible que le conte disparaisse.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Faut-il donner un sens moral à ce conte ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Celui que spectateur veut lui donner. J’essaie de ne pas être dans une sentence, mais de laisser la place. Et de croire au cinéma.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Ce film vous a réclamé plusieurs années. Comment imaginez-vous la suite ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas du tout de syndrome de <em>post partum</em>. Normalement, j’accompagne très peu mes films ; là je l’accompagne pour ne pas faire preuve de déloyauté vis-à-vis de l’équipe, de mes acteurs et d’Emmanuel [<a href="http://www.dkbproductions.com/indivision/">Barrault, le producteur </a>NDR]. Après, j’enchaîne avec des choses très différentes, une commande plutôt rapide — ce n’est pas moi qui l’ai écrite — un film musical, j’écris des séries… J’ai horreur de refaire les même choses. Là, j’ai expérimenté, j’ai été au bout d’un cycle et de ce que je voulais. Je n’ai fait aucune concession. C’est un film traversé par un forme de souffle collectif, de mystique collective, une foi dans le cinéma mais ça ne veut pas dire que je vais faire tous mes films comme ça. J’ai du mal à rester en place. La comédie m’intéresse beaucoup et j’ai envie que la difficulté vienne dans le fait d’aller chercher le public.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="INDIVISION - Bande annonce du film de Leila KILANI" src="https://player.vimeo.com/video/875589429?dnt=1&amp;app_id=122963" width="1170" height="658" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write"></iframe>
</div></figure>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:15% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/www.stimento.fr/wp-content/uploads/2024/04/INDIVISION-POSTER-FR-1.jpeg?w=1170&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4342 size-full"/></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Indivision</em> de Leïla Kilani (Mar.-Fr., 2h07) avec Ifham Mathet, Mustafa Shimdat, Bahia Boutia El Oumani…&nbsp;en salle le 24 avril 2024.</strong></p>
</div></div>
<p>L’article <a href="https://www.stimento.fr/2024/04/21/leila-kilani-indivision-ce-nest-pas-parce-que-quelquun-ne-parle-pas-quil-na-pas-de-mots-a-linterieur/">Leïla Kilani (“Indivision”) : « Ce n&rsquo;est pas parce que quelqu&rsquo;un ne parle pas qu&rsquo;il n’a pas de mots à l&rsquo;intérieur »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.stimento.fr">Stimento</a>.</p>
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